Cette Tchado-Camerounaise d’origine, entrepreneure et femmes d’affaires, est propriétaire du restaurant « La Broche De Léonard » depuis février 2022. Elle raconte comment elle en est arrivée là à Cannes, ville de paillettes et de strasses.

Comment devient-on propriétaire d’un restaurant à Cannes quand on est d’origine africaine ?

Cannes, je connais depuis les années 2002. J’y venais souvent pendant les vacances. Pendant la pandémie du Covid, j’ai rencontré le chef Ibrahim Ly, un très bon chef. Les Sénégalais sont réputés pour être d’excellents cuisiniers, mais ils se mettent rarement devant. Moi, j’ai voulu mettre en avant ses compétences, en lui proposant de nous associer. L’idée était que, bien qu’étant africains, nous fassions vraiment la cuisine traditionnelle française. C’est pour montrer à ce pays qui nous a acceptés, que nous sommes intégrés. Et que nous pouvons faire la cuisine bien qu’étant immigrés et Noirs. Nous faisons aussi la cuisine africaine à la demande. Nous avons acquis cet établissement en février 2022.

C’est donc récent…

Oui, très récent. C’est par le bouche-à-oreille. Nous avons visité plusieurs restaurants et nous avons eu un coup de cœur pour « La Broche De Léonard », situé à la rue d’Oran. Une rue qui porte le nom d’une belle ville d’Algérie. Cet emplacement, parce que nous avons la rue d’Alger qui est à côté et la rue de Constantine également. Ici, c’est vraiment l’Afrique. Il y a les pieds Noirs, l’Afrique noire, je me retrouve exactement comme chez moi.

Parlez-nous d’Afrique, de vos origines en Afrique centrale, deux pays frontaliers, le Cameroun et le Tchad. Vous voulez bien nous Expliquer ?

Moi, je suis Massa, une ethnie qu’on retrouve au Tchad et au Cameroun. Mes parents du côté paternel sont du Tchad et maternel du Cameroun. C’est une double culture, même si nous les Massa nous n’avons pas de frontière. Avec le Topa Massana qui se déroule tous les deux ans en alternance soit au Cameroun, soit au Tchad.

Vous venez d’acquérir un restaurant, on imagine volontiers que vous avez d’autres projets. Quels sont-ils ?

Le projet, c’est de développer le même concept au Sénégal, à Dakar, du côté des Almadies, dès l’année 2023, ensuite au Cameroun, probablement à Maroua, et à Libreville. En attendant que le Tchad retrouve la stabilité. Une fois tout cela accomplit, je pourrais retourner chez moi. Pour l’heure, j’invite vraiment tout le monde à venir déguster la cuisine d’Ibrahim Ly, une cuisine variée, qui puise son inspiration au Sénégal, au Cameroun, au Tchad, en France, une cuisine ouverte au monde entier.

Recueilli Par J.-C. Edjangué à Cannes

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