Dimanche 26 juillet dernier, la Journée culturelle traditionnelle de l’association, organisée dans cette commune française d’environ 20 mille habitants, département du Val-de-Marne (94), région île-de-France, a réuni du beau monde et consacré la méga artiste.
Connue dans l’histoire de France pour avoir fait partie du domaine des rois Francs, Clotaire II le Jeune y convoqua une assemblée des leudes, membres de la haute aristocratie, en 616, Bonneuil-sur-Marne abrite également le Château du Rancy inscrit aux monuments historiques.
C’est dans cette commune que dimanche dernier, 26 juillet 2026, l’association Ngina Sawa Emunè Mulatako organisait sa journée culturelle traditionnelle, dans le domaine de l’église Saint-Martin, sous un magnifique soleil, en présence d’une foule nombreuse dont beaucoup dans le public sont venus en famille, mais aussi des autorités traditionnelles et élites Sawa, des élus et représentants de Bonneuil-sur-Marne, à l’instar de M. Tristan Lecointe, 1er adjoint au Maire en charge notamment de l’Enfance, qui a rappelé « la tradition d’accueil de Bonneuil, commune cosmopolite qui œuvre pour le vivre ensemble », accompagné de Mme Dashmiré Sulejmani, 2e adjointe en charge de la Santé, M. Jean-Jacques Guignard, Conseiller municipal délégué Haropa Port, mais également Mme Caroline Adomo, élue de Champigny-sur-Marne, Conseillère municipale et Conseillère territoriale de Paris Est Marne et Bois.
Expositions, gastronomie, ateliers de formation, spectacles…
L’espace s’y prêtait assurément. Un parc de plusieurs hectares, rue de l’église, dans le domaine de l’église Saint-Martin. Le soleil radieux sans être caniculaire, l’ambiance colorée, chaleureuse, familiale, tout cela a créé un contexte extrêmement favorable, propice à faire la fête. D’autant que des stands exposaient à la fois l’art vestimentaire avec le Kaba et le Sanja, des objets d’art et de l’artisanat ainsi que les plats culinaires Sawa, depuis le célébrissime ndolè avec les miondos, bâtons de manioc, poisson et viande braisés, gâteau de riz ou de haricot, koki, racine de manioc avec des prunes, les mets de pistache, … sans oublier de quoi se désaltérer. Les productions artistiques, notamment de Peter Yamson et Belka Tobis, ont fini par transporter le public dans une autre dimension, avant que le spectacle de lutte traditionnelle ne le ramène sur terre.
« Na som Ngina Sawa »
C’est incontestablement l’une des images les plus émouvantes de cette Journée culturelle traditionnelle Ngina Sawa Emunè Mulatako. L’artiste, Belka Tobis, dont les titres font danser au-delà des limites du Cameroun et de l’Afrique, a été distingué comme notable, dignitaire du peuple Sawa, dont la communauté occupe l’espace territorial du triangle national de Mamfé à Campo. « J’ai vu notre frère Belka Tobis débuter dans la chanson et la musique. Il est aujourd’hui un artiste dont nous pouvons tous être fiers, il est un véritable ambassadeur de la culture bassa et donc Sawa dans le monde », a affirmé Sallè John, au moment d’adouber son jeune confrère. Johnco, le roi de l’Ambass-Bey, s’est forcément souvenu qu’il a lui aussi, par le passé, reçu cette même distinction au sein du Ngond’a Sawa, à Douala. On peut alors comprendre que Belka Tobis ait eu du mal à contenir son émotion. « C’est la plus haute, la plus importante distinction jamais reçu de mon vivant. J’en suis honoré, très fier », a-t-il déclaré en français avant de lancer un « Na Som Ngina Sawa », en langue duala, puis « Me yega », en langue bassa.
Cette Journée culture traditionnelle Ngina Sawa Emunè Mulatako restera à jamais gravée dans les mémoires. Non seulement par l’engouement populaire remarquable, mais aussi parce qu’elle a été célébrée le même week-end, le samedi 25 et le dimanche 26 juillet 2026, par deux organisations différentes. Une situation qui mérite une clarification. Il en va de l’avenir de la promotion de la culture traditionnelle Sawa.
Par Jean-Célestin Edjangué à Paris

