Répondant aux questions des journalistes et préoccupations des militants du Front pour le Changement du Cameroun (FCC), le président de cette plateforme politique d’opposition a fait quelques révélations.

« L’opposition est plurielle. Il y a l’opposition véritable et une opposition de façade. Cette dernière, en réalité, s’acharne à s’opposer à l’opposition. L’opposition véritable a montré qu’elle pouvait se mettre en ordre de marche. On l’a vu comment elle a pu se mobiliser lors de la dernière grande manifestation de Paris dans le contexte de la Présidentielle d’octobre 2025. C’est certainement ce grand meeting qui a fait peur au pouvoir de Yaoundé. Puisque dès que nous sommes rentrés nous avons été bloqués dans nos domiciles. Le Pr Kamto n’a même pas pu sortir de l’appartement où il était à Bonapriso pour aller saluer ses militants. L’opposition véritable se retrouve au sein de l’Alliance Politique pour le Changement (APC ». Réponse de Jean-Michel Nintcheu à la question d’un journaliste de savoir comment l’opposition peut réussir l’alternance politique si elle reste divisée en dépit de l’APC ? Il a rappelé que « Ce n’est pas la première fois que l’opposition essaie de se mettre ensemble, mais il y a toujours eu des taupes, des trahisons. Il y a aussi, en même temps, eu des clarifications qui ont permis d’avancer ». Quant à savoir pourquoi pense-t-il que « Le Cameroun est à la croisée des chemins ? », Le président du FCC explique : « Le Cameroun est dans une situation, comme a théorisé dans un de ses moments de lucidité M. Owona Nguini, de chaos lent. »

« Jouer le match qu’on nous a empêchés de jouer »

« Vous constatez que je ne parle pas beaucoup des élections municipales et législatives à venir. Parce que nous risquons d’avoir une élection présidentielle anticipée. C’est pourquoi, il est extrêmement important pour nous, tout en préparant ces élections, de ne pas trop se focaliser dessus. Nous considérons qu’il est encore plus important, pour nous, de jouer le match qu’on nous a empêchés de jouer en octobre 2025. M. Biya a 93 ans, s’il considère que le Cameroun lui a tout donné, il doit pour rendre au pays ce qu’il a reçu de lui. Sinon, ce serait comme a dit quelqu’un de la méchanceté. Ce n’est pas l’âge de M. Biya qui pose problème. C’est le fait de savoir qu’il veut mourir au pouvoir ». La situation de crise dans le Nord-Ouest et Sud-Ouest s’est également invitée à la rentrée politique du FCC France à Paris, le 19 septembre 2026. « Ne serait-il pas temps de laisser d’abord tomber les élections, pour se mobiliser véritablement, déraciner les criminels d’Etoudi et aller rétablir la paix dans ces régions abandonnées ? », demanda un militant du FCC, originaire de l’une de ces régions. « La position du FCC n’a jamais été d’encourager à prendre les armes pour ramener la paix dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun. Nous prônons le dialogue, la concertation entre les parties », a souligné Jean-Michel Nintcheu.

La détermination du FCC semble intacte. L’Assemblée générale du MRC France, le 26 septembre 2026, à Strasbourg puis le meeting géant de Paris, le 24 octobre 2026, permettront véritablement d’en prendre le pouls.

Par J.-C. Edjangué à Paris.

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