Le gouvernement de transition en exil se fissure après la lettre du président démettant de ses fonctions le Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, par ailleurs président du rassemblement pour une initiative de développement avec une jeunesse avertie (Ridja). Ce dernier a convoqué un point de presse jeudi, 09 juin, Bd de Sébastopol, dans le 1er arrondissement de Paris.

Il est 18 h 35 exactement, dans le 5ᵉ étage d’un immeuble cossu du Bd de Sébastopol, dans le 1er arrondissement de la capitale française. Quelques médias, représentant la presse comorienne et internationale, ont pris place dans la salle. L’organisateur de cette rencontre, Me Saïd Larifou, qui était encore 48 heures auparavant Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères du gouvernement en exil des Comores avant son limogeage le 7 juin, par décision du président Moustoifa said Cheikh Al-Idarous, à tête de cet organe d’opposition au régime du président Azali pour dit-il avoir « constaté avec regret une indisponibilité prolongée et persistante » de la part du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Saïd Larifou, et ce « en dépit de mes nombreux rappels à l’ordre dans l’activité du gouvernement de transition en exil ».

Un engagement contre les injustices et pour l’État de droit

« Chers amis, chers compatriotes, ce point de presse est justifié pour deux raisons. La principale raison, c’est que le Ridja, son président en particulier, fait l’objet de l’actualité suite à la publication de la lettre du président du gouvernement de transition en Exil, qui a décidé de me démettre de mes fonctions de Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères du gouvernement en Exil de l’Union des Comores. J’en prends acte ».

Décision du gouvernement de transition en exile

Les premiers mots du désormais ancien Ministre d’État, n’ont laissé transparaître aucune émotion particulière, comme s’il s’attendait un peu à cette décision. Il est néanmoins revenu sur les motifs de son engagement politique, notamment au sein du Rija. « Comme le savent les Comoriens, je suis un homme politique engagé depuis de longues années. Je ne me suis pas engagé pour courir après des ministères, chercher des postes à tout prix. Certainement pas non plus pour obtenir des fonctions contraires à mes engagements, à mes valeurs. Le Rija est un parti progressiste qui a mené de longs combats, qui défend des valeurs. Notre engagement politique s’inscrit dans une dynamique pour l’émergence d’un État de droit aux Comores où la démocratie est contre les injustices, notamment les injustices sociales. C’est le combat que le Ridja mène depuis de très nombreuses années », a-t-il insisté avant de préciser. « Ce sont non seulement des discours, des déclarations, mais également des actions concrètes. Nous avons été l’un des premiers partis politiques aux Comores à avoir pris l’initiative de nous engager contre Azali, en 1993, lorsqu’il a décidé d’augmenter le prix du riz populaire pour financer l’université. À l’époque, Azali était un apprenti dictateur. Depuis, il a fréquenté les plus grandes écoles de dictature et en est revenu avec un diplôme qui lui correspond parfaitement. », a indiqué.  

Diplomatie parallèle et vitrine de l’opposition au pouvoir d’Azali

point de presse

Saïd Larifou en a profité pour rappeler les actes concrets posés par les membres du Ridja au sein du gouvernement de transition en Exil : « Nous avons mobilisé ce gouvernement qui était présent sur le continent africain, présent en Europe à travers des actions politiques et diplomatiques, des alliances avec des forces progressistes. Nous avons obtenu un siège à Bamako, un autre à Genève… Nous avons mobilisé également 270  personnalités, journaliste, intellectuels, activistes dans le monde entier au nom du Ridja, sans aucune aide matérielle, si ce n’est les moyens des membres du Ridja. Nous sommes fiers de ce que nous avons fait au sein du gouvernement de transition en Exil des Comores », a martelé Me Larifou, regrettant « Notre mission au sein du gouvernement en exil s’achève », avant de fixer le cap pour l’avenir du Ridja : « Nous allons continuer à être mobilisé, à mobiliser tous les Africains pour relever les nombreux défis qui se posent aux Comores. La déclaration des chefs d’État de la CEDEAO, à Accra, le 4 juin dernier, contre ceux qui prennent le pouvoir par les armes, est une déclaration capitale, qui rejoint la mobilisation des africains dans le même sens. Au prochain Congrès du Ridja, nous allons demander une représentation d’une organisation panafricaine au sein du parlement comorien. C’est une marque de notre combat panafricaniste », pense Saïd Larifou, notant : « Lorsqu’on est responsable de son avenir, on doit cesser de pleurnicher pour prendre son destin en main, ne pas s’enfermer sur son passé. La plupart de ceux qui dirigent nos pays actuellement sont manipulés. Nous ne voulons pas être de cette espèce, au contraire, nous voulons être le reflet des attentes des peuples africains ». En guise de conclusion, Me Larifou a indexé la corruption et les détournements de deniers publics aux Comores. « Toutes les sociétés d’État sont en faillite aux Comores, leur argent a été détourné par le pouvoir d’Azali. Nous allons faire le tour du monde pour traquer le pouvoir d’Azali, savoir où cet argent a été placé, où ont été cachés ces fonds ». Voilà qui confirme que le Ridja n’a pas l’intention de sombrer dans l’anonymat, même avec son retrait du gouvernement de transition en Exil. Et ça, c’est incontestablement une bonne nouvelle.

Par Jean-Célestin Edjangué à Paris

One thought on “COMORES : Saïd Larifou limogé, le Ridja plus que jamais opposé au président Azali”
  1. Voilà une intervention qui « réhabilite » quelque part le fameux gouvernement de transition jusqu’alors silencieux. Nous n’avons aucune nouvelle des démarches entreprises – si tel est le cas – par ce gouvernement, en dehors des déplacements de son désormais ex-ministre des affaires étrangères dont on peut, effectivement constater par les médias internationaux, les interventions en Afrique principalement. Et ce n’est que d’une logique évidente puisque les Comores sont
    Africaines !

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