Ce camerounais, panafricaniste convaincu, domicilié à Bruxelles, revient de Conakry où il s’est incliné sur la tombe de l’ancien président de l’Union des populations du Cameroun et de son Secrétaire exécutif, Robert Ekwalla.

Tombe de Moumié en décrépitude

« C’est extraordinaire ce que je viens de vivre à Conakry. J’étais venu, pour une dizaine de jours, afin de participer au salon du livre et de retrouver la tombe de Roland Félix Moumié, le président de l’Union des population du Cameroun, enterré dans la capitale de la Guinée, au lendemain de son assassinat à Genève, en Suisse, en novembre 1960. Je suis pleinement satisfais de mon séjour ». Quand on s’est rencontré, à Conakry, en pleines animations des 72 heures du livre, en avril dernier, Marcel Tchangué, promoteur du Mouvement de février et membre actif de la plateforme républicaine et panafricaine, ne savait pas vraiment s’il allait atteindre les buts de son voyage, lui qui foulait pour la première fois la terre du Silly national. Il s’imaginais encore moins qu’il découvrirait le lieu où repose les restes de Roland Félix Moumié, en plein centre-ville de Conakry.

On l’appelle parfois, par excès de langage, « Presqu’île de Kaloum ». Kaloum, qui a enterré, le 21 janvier 2022, son ancienne maire, Aminata Touré décédée au Maroc, et qui était la fille aînée du président Ahmed Sékou Touré, est l’une des six communes de la ville de Conakry, capitale de la Guinée. Les communes de Matam, Dixinn, Ratoma, Matoto et Kassa, complétant la liste.

« Prochain voyage en juin »

 Kaloum constitue le centre-ville de Conakry et l’on a coutume de dire que tant que son cœur bat c’est tout Conakry qui respire. Kaloum s’étend sur une superficie d’environ 5,04 km² et un pourtour de 15 km, pour une population de plus de 62.000 habitants, selon le recensement de national de 2014. Une commune très agréable à vivre, en témoigne son quartier des Ambassades, le siège du gouvernement et celui de l’Assemblée nationale, le palais présidentiel, les ministères, les ambassades et les banques. C’est là que se trouvent aussi le port autonome et le port de pêche artisanal. L’hôpital Ignace Deen, l’un des premiers du pays, y a été construit à l’époque coloniale. La culture rayonne notamment avec le musée national de Sandervalia, les points de lecture et bien d’autres animations.

Mais Kaloum, c’est aussi un cimetière. Celui qui a offert une dernière demeure à des célébrités et personnalités politiques de premier plan, à l’instar de Roland Félix Moumié, président de l’Union des populations du Cameroun, assassiné à Genève en Suisse, le 3 novembre 1960, par des agents de services de renseignements français. Le président Ahmadou Ahidjo, alors au pouvoir, refuse le retour de sa dépouille au Cameroun, ce que le président Sékou Touré de la Guinée avait trouvé révoltant avant, dans un élan de compassion pour la dépouille et famille du défunt, d’accepter que le corps de Moumié trouve dans la terre panafricaniste de Guinée, un lieu de repos. « Je suis allé d’abord au cimetière de Cameroun, un autre quartier de Conakry, pensant que j’y trouverai comme laissaient entendre des informations à ma disposition, la tombe de Moumié. J’y ai plutôt découvert la sépulture de son compagnon, Robert Ekwalla, ancien Secrétaire exécutif de l’UPC », raconte encore Marcel Tchangué, informé par la suite qu’il doit se rendre à Kaloum pour être sur les traces de Roland Félix Moumié. « Arrivé sur place avec un caméraman, le gardien des lieux, A. Camara, m’a conduit sur la tombe, en décrépitude, pas entretenue. Ça a été un choc. J’ai promis de revenir en juin prochain, pour restaurer la tombe et redonner un peu d’éclat à la mémoire de celui qui fut président du plus grand parti d’opposition à l’époque au Cameroun. Je lance un appel à toutes les bonnes volontés pour qu’ensemble, nous gagnions ce pari qui est aussi un devoir de mémoire ». C’est aussi le sens de la réunion de la plateforme républicaine et panafricaine, ce samedi, à Paris.

Jean-Célestin Edjangué

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