Président du Salon du Livre africain de Paris (SLAP) qui ouvre sa 5ème page les 21 et 22 mars 2026, au Réfectoire des Cordeliers, 15 rue de l’Ecole de Médecine, dans le 6è arrondissement de Paris, avec des rencontres, débats et présentations de livres à l’Hôtel de l’industrie, 4 Place Saint Germain des Prés, dans le même arrondissement, de la capitale française, il a bien voulu nous dire ses attentes d’un salon qui devrait tenir les promesses de la fleur.
La page 5 du Salon du Livre Africain de Paris (SLAP) s’ouvre ce week-end, les 21 et 22 mars 2026. Les nouveautés et temps forts de cette édition ?
Un salon qui a dû déménager dans trois nouveaux lieux au coeur du Paris littéraire entre Odéon et Saint-Germain-des-Près. Nous avons été contraints de quitter brutalement le site des Blancs Manteaux, dans le 4è arrondissement, qui a accueilli l’évènement l’année dernière, parce que nous avons appris à un mois de l’organisation de l’édition 2026, qu’il a été réquisitionné par la ville de Paris, dans le cadre du Plan Grand Froid pour l’hébergement d’urgence de personnes sans abri. Le Salon du livre africain de Paris est devenu, au fil des années, une plateforme incontournable pour les auteurs du continent africain. C’est d’ailleurs ainsi que le salon a pris de l’ampleur, jusqu’à devenir incontournable pour les auteurs africains qui veulent avoir de la visibilité sur la scène internationale. Heureusement, nous avons pu trouver un nouveau site, le Réfectoire des Cordeliers, dans le 6è arrondissement de Paris. C’est un lieu incontournable de la Révolution française. C’est là que se tiendra le salon. Les tables-rondes, présentations d’ouvrages et autres rencontres auront lieu À l’Hôtel de l’industrie, à Saint-Germain-des-Prés, un hôtel particulier inauguré par l’Empereur Napoléon III en 1852 qui est le premier immeuble parisien à avoir été éclairé à l’électricité. C’est là où s’illumineront les tables rondes. (Programme et inscriptions aux conférences).
Par ailleurs, au Centre National du Livre (CNL), un Hôtel particulier construit en 1725, se tiendra la journée professionnelle qui se déroulera le vendredi 20 mars 2026. C’est donc dans trois monuments emblématiques de l’histoire de France que se tiendra cette 5ème édition du Salon du Livre africain de Paris où une vingtaine de pays seront représentés par leurs auteurs, éditeurs, libraires et acteurs de la chaîne du livre.
Pour la 5è édition, le Salon qui va accueillir 20 pays africains et une cinquantaine d’éditeurs du continent dont 3 éditeurs camerounais. Surtout, le salon attire désormais des éditeurs anglophones. Enfin, une place plus importante est faite aux auteurs venant d’Afrique sur les tables rondes.
L’Angola, pays invité Spécial, le Bénin, invité d’honneur. Deux pays d’Afrique d’expression lusophone et francophone, alors que la « Jeunesse africaine » est la thématique générique de l’évènement, cette année. Pourquoi ces choix ?
Le choix d’un pays francophone et non francophone montre l’ouverture du salon à toutes les langues parlées sur le continent. Malheureusement la délégation du Bénin a annulé sa venue en raison des modifications de dernière minute, comme l’Angola qui a décidé de se retirer pour les mêmes raisons. Le choix de la jeunesse africaine comme thème se justifie pour les raisons évidentes d’abord du poids des jeunes dans la pyramide des âges du continent africain. Par ailleurs, la jeunesse africaine est dynamique, enthousiaste, ingénieuse. Elle ne manque ni de talent, ni de compétence, encore moins de détermination.
On sait les difficultés qui ont jalonné l’organisation de cet Acte V du SLAP. Quelles sont vos attentes en tant que Directeur général de cet évènement et comment entrevoyez-vous l’avenir ?
Les attentes sont de retrouver tout notre public malgré ces modifications de dernière minute en espérant qu’il ne se perde pas dans le dispositif que nous avons mis en place. Nous avons beaucoup communiqué sur l’ancien lieu et la modification intervenue à un mois du salon nous a obligés à refaire toute notre communication en insistant sur la nouvelle adresse. Nous avions prévu 40 tables-rondes et il ne nous en reste que 15. C’est très dommage car tous les sujets que nous voulions aborder ne le seront pas. L’avenir se montre parfois contrarié, mais nous espérons sur une prochaine édition, nous pérenniser dans un lieu adapté à la croissance internationale du salon, donc plus grand et central. Le problème reste budgétaire. Si le salon grandit tous les ans, il est sous dimensionné au niveau économique avec un budget de fonctionnement en baisse de 20% cette année et des coûts qui ont augmenté de 20% en raison de la location très onéreuses de ces nouvelles salles.
Nous nous trouvons donc dans une situation compliquée qu’il va falloir essayer de résoudre. Nous avons essayé de trouver des mécènes en France et en Afrique pour financer cette édition, mais décidemment le livre reste le parent pauvre du monde culturel. C’est dommage et irresponsable, sachant que tout part du livre.
Recueilli par J.-C. Edjangué

