Universitaire, écrivain, auteur parmi ses nombreuses publications, de « La Divine colère » (Gallimard, 2004), un roman sur le football, a bien voulu prendre un peu de son précieux temps pour faire un bilan de la CAN Maroc 2025, dont la finale entre les Lions de l’Atlas et ceux de la Teranga constitue l’apothéose ce dimanche, 18 janvier 2026. Renversant !

La CAN Maroc 2025, lancée le 21 décembre 2025, se termine ce dimanche 18 janvier 2026 avec une belle affiche en finale entre les Lions de l’Atlas et les Lions de la Teranga. Avant de parler de cette finale, comment avez-vous vécu ce mois de compétition ?

L’Académie du Royaume du Maroc a d’emblée accordé une grande importance à cet événement et a condensé ses programmes afin que le sport soit pleinement célébré. Je dois vous dire que Monsieur le Secrétaire perpétuel lui-même, malgré un agenda particulièrement contraint, a accueilli plusieurs personnalités du monde du sport camerounais : un ancien international de basketball, Zacharie Ebodé ; un footballeur et acteur reconnu de la médiation urbaine en France, Emmanuel Mbong ; ainsi que le célèbre gardien de but des Lions indomptables, Joseph-Antoine Bell.

Il faut également mentionner la famille du football à travers M. et Mme Wooh, parents de l’international Christopher Wooh, qui ont visité l’Académie du Royaume et ont été reçus par Monsieur le Secrétaire perpétuel. Celui-ci a accordé ces audiences avec un réel bonheur de dialoguer avec les hôtes du Maroc, et un enthousiasme que ces derniers ont pleinement savouré. Au fond, c’est l’hospitalité africaine qui s’est ainsi exprimée, dans la chaleur des échanges avant et après le match des quarts de finale, entre Les Lions de l’Atlas et les Lions Indomptables. Je salue la disponibilité de tous et le privilège d’avoir assisté, dans le stade comme hors du stade, à une fête aux multiples et heureuses variations, où l’humain, l’esprit de concorde et l’écoute mutuelle ont été célébrés. Du reste, Monsieur le Secrétaire perpétuel a promis une suite à ces rencontres. Nous en reparlerons le moment venu.

La finale de cette CAN Maroc 2025 opposera donc, ce dimanche, les Lions de l’Atlas à ceux de la Teranga. Quelle est votre analyse et votre pronostic pour cette belle affiche ?

Elle sacrera un Lion, une référence footballistique continentale et mondiale. Plus qu’un pronostic, puisqu’il s’agit de deux nations liées par des rapports historiques, spirituels et intellectuels profonds, je souhaite rappeler que le poète-président Sénégalais Léopold Sédar Senghor fut membre de l’Académie du Royaume du Maroc, tout comme le président Ahmadou Ahidjo du Cameroun. La vision développée par Monsieur le Secrétaire perpétuel est intéressante ici, car elle s’inscrit constamment dans celle de l’institution – dont le Protecteur est le Roi Mohammed VI, que Dieu le préserve – qui privilégie le rendez-vous de l’excellence africaine. Ma conviction est que les deux finalistes sont des équipes talentueuses et leurs Capitaines extraordinaires. Elles offriront cette excellence, sur le terrain comme en dehors. La couronne reviendra aux Lions qui sauront tutoyer les sommets de l’Atlas du jeu.

D’une manière plus générale, quel bilan tirez-vous en termes de jeu, d’arbitrage et de capacité organisationnelle des grandes compétitions sur le continent africain ?

Le jeu a été passionnant, et ce malgré une pluie incessante durant les trois premières semaines. Félicitations aux autorités marocaines, qui ont conçu des infrastructures et une organisation pensées pour placer tous les acteurs dans les meilleures conditions possibles. S’agissant de l’arbitrage, la CAF a globalement effectué un bon travail, même si certains ajustements restent nécessaires, notamment dans la désignation des arbitres. Ceux-ci doivent rester africains, condition sine qua non pour renforcer la crédibilité et la respectabilité des professionnels.

Par ailleurs, nous ne pouvons réfléchir aux apports de l’intelligence artificielle sans reconnaître le rôle prépondérant de l’arbitre humain, qui demeure le décideur final. Le Maroc a offert un événement de grande classe. Il convient aussi de saluer le peuple marocain, tous les bénévoles, les éducateurs et les sponsors qui ont œuvré, dans l’ensemble des pays rassemblés à Rabat, à la réussite de cette fête panafricaine portée par le sport, c’est-à-dire par la valorisation de la programmation, de l’effort et de ses vertus. Je voudrais enfin souligner que si l’équipe du Maroc a séduit les observateurs, c’est aussi parce qu’elle a su conjuguer talent individuel et volonté de compensation collective. Dépassement de fonction ? Cela s’appelle tout simplement la solidarité.

Recueilli par J.-C. Edjangué

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