Promotrice du Salon de la lecture de Conakry ( Salec), cette passionnée de culture par ailleurs plus jeunes présentatrice du journal télévisé à la Radiotélévision guinéenne ( RTG), a bien voulu nous partager la genèse de son projet, les enjeux de la lecture en Guinée, sans oublier les d’esquisser un bilan de l’évènement, cinq ans après sa toute première édition. Edifiant !

La 6ème édition du Salon de la lecture de Conakry (Salec) aura lieu du 6 au 10 avril 2026, à Conakry. Comment est né ce projet et dans quels buts ?

Le projet du Salon de la lecture de Conakry (Salec) est né de l’affirmation selon laquelle les Guinéens n’ont pas la culture de la lecture. Pour connaitre l’origine de ce mal, nous nous sommes rendus dans des écoles et universités du pays et le constat fut amer. 07 écoles sur 10 ne disposent pas de bibliothèques. Ce qui sous-entend que la majeure partie des apprenants ne cohabitent pas avec les livres. Ainsi, pour susciter le goût de la lecture auprès des plus jeunes, nous avons estimé qu’un salon de la lecture pourrait aider à atteindre les objectifs en récompensant les meilleurs de chaque catégorie (primaire, collège, lycée, université).

Cette 6ème édition met exergue le lien entre la lecture et le travail de la terre, l’agriculture. Pourquoi le choix de cette thématique ?

La République de Guinée est à une phase décisive de son histoire, le pays est dans un contexte de refondation qui voudrait que chaque fille et fils contribuent au décollage économique du pays. Avec le programme Simandou 2040, l’agriculture en constitue le premier pilier. Pour dire à quel point un sac vide ne peut se tenir debout. En tant qu’actrice engagée dans la promotion de l’éducation et de la culture, j’ai estimé que la lecture pourrait être un levier stratégique pour le secteur agricole, au regard de la fertilité de nos sols. D’ailleurs la lecture et l’agriculture ont en commun, l’inspiration et la transpiration.

Outre la thématique, quelles sont les autres innovations du Salec, cette année 2026 ?

L’innovation cette année est que pour la première fois neuf pays d’Afrique se retrouveront en même temps au SALEC et plusieurs ministères et ambassades seront présents pour les expositions.

Quelles sont les difficultés rencontrées par le Comité d’organisation du Salec pour mener à bien son projet ?

 Les difficultés sont nombreuses mais pourraient se résumer au moins en deux axes : la rareté des sponsors et les difficultés dans la mobilisation des écoles et universités.

En quoi peut-on dire que le Salec a changé la vie des jeunes guinéens, par exemple, depuis sa toute première édition ?

Les éléments attestant des répercussions du Salec dans la vie quotidienne des Guinéens, particulièrement des jeunes, sont nombreux :

  • Le SALEC est le tout premier salon de lecture en Guinée et même sur le continent et le plus long en Guinée, car dure six (6) jours au regard de la diversité des programmes qui y sont développés ;
  • Le SALEC est l’unique salon en Guinée qui met la jeunesse au cœur de ses actions à 70 %, c’est-à-dire qu’ils ont un espace d’expression continu tout au long du salon et même après.
  • Au SALEC, nous formons au moins chaque année, 100 jeunes, en prélude à l’évènement sur trois jours, différents des 6 jours ;
  • Au SALEC, nous trouvons des bourses d’études pour nos lauréats avec des partenariats développés avec certaines des Ambassades comme celle du Maroc et des opportunités de stage.
  • Au SALEC, nous récompensons l’excellence et le mérite à travers la lecture publique, le concours littéraire et le concours de dictée nationale.

Recueilli par J.-C. Edjangué

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