Président de l’Amicale des auteurs camerounais de la diaspora (AMACAD), qui vient de publier un ouvrage collectif aux éditions L’ Harmattan, à Paris, il explique la genèse de ce projet d’écriture, dresse un bilan et les perspectives à venir de l’association, notamment la participation au Salon du livre africain de Paris (SLAP) dont la page 5 s’ ouvre les 21 et 22 mars 2026, Réfectoire des Cordeliers, dans le 6ème arrondissement. La jeunesse africaine est au cœur de cette édition qui a pour pays invité spécial l’Angola.

Serges Ngounga merci pour votre disponibilité. L’Amacad, dont vous êtes le président, vient de publier aux éditions L’Harmattan, à Paris, un ouvrage collectif sous le titre « Vivre l’Afrique en diaspora ». Comment est née l’idée de ce projet  ?

Je vous remercie de m’offrir l’occasion de présenter cette réalisation de l’Amicale des auteurs camerounais de la diaspora. L’idée de cet ouvrage collectif a vu le jour au printemps 2025, à l’issue d’échanges libres entre les membres. Nous cherchions alors des initiatives susceptibles de nous permettre de mieux nous connaître, de renforcer nos liens et de consolider notre cohésion. Il nous semblait essentiel de travailler autour d’un projet commun, et la création d’un livre s’est imposée comme une évidence. Lors de l’assemblée générale de septembre 2025, le bureau a officiellement soumis le projet, qui a été adopté à l’unanimité par les membres présents. Notre Vice-Président, Jean-Célestin Edjangué, a été désigné pour en assurer le pilotage éditorial à mes côtés. Vivre l’Afrique en diaspora est un ouvrage collectif réunissant les contributions de douze auteurs membres de l’Amacad, à parité parfaite : six femmes et six hommes. Ce projet s’inscrit dans une démarche à la fois littéraire, mémorielle et créative. Il rassemble une pluralité de voix, de parcours et de styles, allant des récits personnels aux textes réflexifs, en passant par la poésie, les nouvelles et les contes. L’ouvrage de plus de 200 pages, explore la signification d’être Africain loin de sa terre d’origine. Il aborde des thèmes tels que la nostalgie, l’espérance, la fierté culturelle, les interrogations identitaires ou encore la distance affective vis-à-vis du continent. Son ambition est d’offrir un miroir sincère et authentique de ce que représente l’Afrique, culturellement et humainement, au-delà de ses frontières physiques. La préface est signée par Son Excellence André-Magnus Ekoumou, Ambassadeur du Cameroun en France, et la postface par la Dr Sheila S. Walker, auteure, cinéaste et anthropologue afro-américaine. Les contributeurs, membres du collectif sont : Max Assomo, Jeanne-Louise Djanga, Isabelle Ekedi Dicka, Priscilya Manga, Valérie Nantcha, Denise Nguene, Raoul Nkuitchou Nkouatchet, Nathalie Oyono, Sam Pefoura et Gino Sitson. Jean-Célestin Edjangué et moi-même assurons la co-direction de cette publication. À travers ce premier ouvrage, l’Amacad affirme sa volonté de promouvoir la littérature camerounaise et africaine sur la scène internationale, en bâtissant des passerelles, d’une part entre le continent africain et ses diasporas, et d’autre part entre la diaspora africaine et les autres communautés à travers le monde.

Bilan des activités de l’Amacad, créée en janvier 2025, et perspectives à venir ?

En termes de bilan, celui-ci est indéniablement positif. L’association compte aujourd’hui plus de vingt membres actifs ainsi qu’une trentaine de sympathisants qui suivent nos activités avec intérêt avant de franchir le pas de l’adhésion. Nos auteurs ont pris part à plusieurs événements et manifestations littéraires sous la bannière de l’association — notamment le Salon du Livre Africain de Paris (SLAP) 2025, la rencontre Mboa Paris, à Montrouge (92), la Journée culturelle franco-camerounaise de Saint-Denis (93), ainsi que les Journées du Rep-Cod en avril 2025. Les plumes de l’Amacad ont également participé, en plus petits groupes, à différentes initiatives, au gré des réseaux que nous nous attachons à développer en France et plus largement en en Afrique et en Europe. En juin 2025, nous avons rencontré la mission diplomatique du Cameroun en France. Cette rencontre ouvre la voie à un futur partenariat visant à promouvoir et valoriser la littérature camerounaise en Europe, et principalement en France. Parmi les réalisations majeures de cette première année figure également l’aboutissement de notre projet d’ouvrage collectif, concrétisé par la parution de Vivre l’Afrique en diaspora, un ouvrage de plus de 234 pages qui témoigne de notre engagement et de notre créativité. Pour l’avenir, les perspectives sont prometteuses, le meilleur reste à venir. Nous envisageons l’organisation d’une journée du livre ou d’un grand événement littéraire à Paris, avec l’appui de structures nationales et internationales. Des tables rondes et des rencontres thématiques consacrées aux enjeux culturels et sociétaux sont également prévues, offrant aux auteurs de l’Amacad ainsi qu’à d’autres écrivains des espaces d’expression et de réflexion. Enfin, la promotion des publications de nos membres et la consolidation des partenariats avec des associations littéraires et culturelles en Europe, mais aussi en Afrique, sont parmi nos préoccupations majeures. C’est le sens de nôtre 2è rencontre avec les auteurs de l’Harmattan Côte d’Ivoire, prévue le 20 mars 2026, à, Paris.

L’Amacad participera à la 5è édition du Salon du livre africain de Paris (SLAP), 21 et 22 mars 2026, Réfectoire des Cordeliers, dans le 6è arrondissement. Pourquoi ?

Le SLAP est devenu désormais un rendez-vous incontournable, un véritable « the place to be » du paysage littéraire africain et afro-descendant dans l’hexagone. Organisé chaque année à Paris, l’une des capitales mondiales du livre, cet événement s’impose comme un carrefour majeur de rencontres et d’échanges. Pour l’Amacad, il est impensable de ne pas y participer. Le SLAP représente en effet une plateforme privilégiée pour présenter nos nouvelles publications, rencontrer d’autres auteurs et tisser des liens avec de futurs membres de l’association. Cette cinquième édition sera également une occasion exceptionnelle de dévoiler au public, attendu très nombreux, notre tout premier ouvrage collectif, Vivre l’Afrique en diaspora, de partager avec lui l’esprit et l’ambition qui ont porté ce projet, sans oublier ceux à venir.

Recueilli par Franck Essomba

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