Metteur en scène et promoteur culturel Centrafricain, fondateur de Linga Téré qui va célébrer ses 36 ans en février prochain, nous l’avons rencontré en région parisienne, pour tenter d’en savoir plus sur la commémoration du 18 janvier dans son pays, depuis 47 ans. Très émouvant.
Vincent Mambachaka, merci de nous accueillir ici, en région parisienne, vous qui êtes constamment entre Bangui et Paris. La Centrafrique, pays dont vous êtes originaire, marque chaque 18 janvier, depuis 1979, un temps d’arrêt pour se souvenir. Qu’est-ce qui justifie ce moment de recueillement ?
Cher Jean-Célestin, merci d’être venu jusqu’à moi pour échanger sur les raisons de la commémoration de la journée du 18 janvier depuis 1979, en République Centrafricaine.
Effectivement, ça fait 47 ans, jour pour jour, que chaque 18 janvier, les jeunes, étudiants, les parents amis et proches des familles se retrouvent pour se souvenir de ce qui s’est passé en 1979. C’est l’occasion pour moi de m’incliner sur la mémoire de tous ceux qui perdu la vie pour que la République Centrafricaine soit libre. Le 18 janvier, cette année-là, tous les Centrafricains, à commencer par les jeunes, collégiens, étudiants, se sont levés comme un seul Homme, pour dire non à la dictature de Bokassa, réclamer la liberté, la démocratie, exiger le droit de pouvoir dire les choses, de pouvoir construire leur pays.
Que s’est-il passé exactement ?
Le 18 janvier 1979, malheureusement, il y a eu des massacres d’étudiants, beaucoup de choses horribles pour les Centrafricains et l’humanité. Et si on continue à se souvenir de cette abomination, c’est parce que l’on a toutes les raisons encore de se poser des questions. Et la première qui vient naturellement à l’esprit, c’est de savoir si la République centrafricaine a fait son deuil, si elle est sur le chemin de la reconstruction ?
Et à ces questionnements, vous répondez ?
Je ne crois pas du tout, malheureusement. C’est pourquoi le combat de 1979 reste un combat d’actualité, un combat permanent de la jeunesse Centrafricaine, certes, mais plus largement de la jeunesse africaine. Seules ces jeunesses doivent construire, dire nous devons choisir, nous devons avancer, nous devons pouvoir nous départir de tout ce qui nous a amenés un matin de nous lever contre la dictature de Bokassa.
Recueilli par J.-C. Edjangué en région parisienne

