Le 18 janvier 1979, des collégien, lycéens et étudiants, réfractaires au port de la tenue imposée par l’Empereur Bokassa 1er, sont massacrés par les forces de l’ordre sous la houlette éléments de la force impériale Bérengo plus connus sous le nom des « abeilles ». Depuis, une journée des martyrs a été instituée pour perpétuer leur souvenir.
Chaque 18 janvier, depuis 1979, des cérémonies commémoratives de la journée des martyrs, instituée à la suite des massacres des jeunes par des éléments de la force impériale, surnommés les « abeilles » de l’Empereur Bokassa 1er. Ce jour-là, il y a 47 ans, des élèves et étudiants refusent d’obéir à l’ordre intimé par l’Empereur Bokassa 1er, de porter obligatoirement la tenue. Des manifestations sont organisées, spontanément, pour protester contre cette injonction, dans un contexte social tendu, les fonctionnaires et agents de l’Etat totalisant plusieurs mois d’arriérés de salaire. De nombreux manifestants sont tués. Certains parlent de plusieurs dizaines de morts, d’autres de plusieurs centaines, sans qu’aucun bilan exact n’ait été donné 47 ans après. Nombre sont les rescapés qui parlent de bain de sang pour évoquer la journée du 18 janvier 1979.
Devoir de mémoire
« Dans un Etat lorsqu’on ne connaît pas l’histoire de son pays, c’est son identité qu’on néglige. Les conséquences sont ce que nous sommes en train de voir. Les jeunes ne s’adonnent pas à l’apprentissage de l’histoire. La jeunesse doit chercher à comprendre pourquoi cet événement est arrivé. Pourquoi on est arrivé à cette tuerie ». Les propos de Dr Gérard Bekanendji, chef du département d’histoire à l’université de Bangui, sur radio Ndeke Luka, en 2022, sonnent comme une invite à la jeunesse centrafricaine à s’intéresser à l’histoire de son pays, pour mieux s’en approprier.
Aristide Briand Reboas, alors ministre de la Jeunesse et des Arts de la Centrafrique, allait dans le même sens, incitant les jeunes de son pays à « s’approprier des raisons de lutte de leurs anciens de 1979 », semblant par ailleurs s’indigner de ce que « certains politiques profitent de la faiblesse des jeunes pour les manipuler à leurs fins personnelles ».
Le prix de la paix décerné par le Conseil panafricain de la jeunesse au président Faustin-Archange Touadéra, en 2022, « pour son effort dans le rétablissement de la paix en République centrafricaine », le succès de l’organisation du quadruple scrutin le 28 décembre 2025, couronné par la réélection dès le premier tour du même président Touadéra, témoigne de ce que ce pays d’Afrique centrale est résolument engagé sur le chemin de la paix. La commémoration de la Journée des martyrs participe incontestablement de cette ambition.
Par Jean-Célestin Edjangué

