L’évènement se clôture le 10 avril 2026, sur fond de satisfaction générale des participants et des organisateurs, au Palais du Peuple.

Une semaine exceptionnelle de promotion de la lecture, au pays des poétesses Hadja koumanthio Zeinab Diallo, Siré Camara, de la romancière Mariama Barry ou encore William Sassine, Camara Laye et autres Lamine Kapi Camara, Tierno Monénembo, M’Boh Mariame Kourouma… Ouverte le 6 avril dernier par une conférence de presse de lancement, la 6ème édition du Salon de la lecture de Conakry (Salec), dont la thématique générique est « Lire la terre, semer le savoir : quand la lecture fait germer l’agriculture », tire le rideau ce vendredi 10 avril 2026, là où tout commencé il y a quelques jours, au Palais du Peuple de la capitale guinéenne.  L’ambition de cette manifestation culturelle devenue, au fil des ans, un rendez-vous incontournable, reste la même : améliorer la situation des jeunes guinéens dans le domaine de la lecture.

« 8 écoles sur 10 ne disposaient pas de bibliothèques à Conakry, au moment du lancement du Salec », rappellent les organisateurs de cette rencontre.

« Encourager la lecture, c’est éveiller les consciences »

Public du Slam

Plusieurs pays étaient représentés dans cette édition du Salec, du Maroc au Rwanda, en passant par le Sénégal, la Guinée, le Gabon, les diasporas africaines notamment, y comprises celles d’Europe, ou encore la Côte d’Ivoire. À l’instar de Mme Hélène Lobé, présidente de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire, qui avait du mal à cacher ses sentiments. « Nous sommes heureux, nous membres de la délégation ivoirienne, de soutenir cette belle initiative qu’est le Salon de la lecture de Conakry. Avec cette 6ème édition, le Salec prend de plus en plus ses marques de noblesse, car encourager la lecture, c’est éveiller les consciences et préparer l’avenir. Tout se trouve dans les livres, et dans les livres, on peut tout trouver. Toutes nos félicitations à kadiatou kaba, brave, dynamique et jeune dame, initiatrice majeure et son équipe ».

Dans la même optique, le romancier et universitaire, administrateur de la Chaire des littératures et des arts africains de l’Académie du Royaume du Maroc, à Rabat, Eugène Ebodé, a plaidé pour une systématisation de la lecture dans la vie de tous les jours.

« Inscrire la lecture dans les habitudes quotidiennes »

« Roland Barthes disait que dans un texte il y a la voix du lecteur. C’est donc le lecteur qui est également au centre de nos préoccupations, et ce qu’il lit est une manière de relier, une manière de continuer l’exploration non seulement des textes, des sentiments, des réflexions, mais aussi des partages. Le lecteur partage avec celui qui a écrit, il essaye de faire en sorte que resplendissent les mots qu’un environnement qui était inconnu apparaisse et que d’autres relations qu’in espère plus favorables aux vivants prennent place ». C’est ainsi que Eugène Ebodé a salué les écrivains de toutes les générations, l’ancienne comme la nouvelle.

Quant à Mme Anzata Ouattara, écrivaine ivoirienne, elle a partagé son expérience à travers les villes de son pays natal, insistant sur une réalité simple, à savoir, « la formation de la jeunesse passe en grande partie par le livre ». Et de préciser : « À travers mon expérience de ma caravane littéraire appelée « les coups de la vie tour », qui fait la promotion de la lecture et de l’excellence à travers les villes de Côte d’Ivoire, de l’intérieur du pays, j’ai eu l’opportunité d’aller à la rencontre des lecteurs jeunes, parfois dans les zones très reculées de mon pays, et j’ai vu à quel point la lecture peur éveiller les consciences, susciter les vocations et redonner de l’espoir. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons faire du livre un outil stratégique pour former la jeunesse. Une jeunesse consciente et engagée, et capable de relever les défis de notre continent, notamment celui de l’autosuffisance alimentaire, comme l’indique le thème de cette édition ». Pour sa part, Kadiatou Kaba, après avoir rappelé le contexte du lancement du projet Salec, a posé la question : « un enfant qui va à l’école de la maternelle au lycée sans bibliothèque à l’école peut-il être accroc à la lecture ? ».

Après la clôture de ce vendredi 10 avril 2026, de l’Acte VI du salec, il faudra nécessairement faire le bilan des actions menées depuis la première page de ce magnifique livre pour savoir le nombre de réalisations consignées comme ayant participé à améliorer la situation.

Par Jean-Célestin Edjangué à Conakry

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