D’origine béninoise, Directeur de publication de Itinéraire Business, un média digital qui suit particulièrement l’actualité de l’Afrique et ses diasporas, apporte sa pierre à la réflexion médiatique sur l’actualité au Cameroun, dominée par le séjour du président Paul Biya à Genève depuis début juin 2026.

« Juste avant la campagne de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, alors qu’il était candidat, M. Paul Biya avait déjà passé dix jours à Genève. Et on ne compte plus ces séjours privés à Genève … depuis son accession au pouvoir. Ce qui change ici, c’est la durée du séjour qui en fait l’un des plus longs. On se doute bien qu’à 93 ans révolus et 44 ans au pouvoir, à un âge où beaucoup sont à la retraite, le Président Paul Biya ait besoin de prendre soin de sa personne et de sa santé », lance, un peu consterné, Olivier Segbo, quand je lui demande ce qu’il pense du médiatique au sujet du séjour du Chef de l’état du Cameroun à Genève depuis deux mois. Il ajoute dans la foulée : « En pareilles circonstances, comme c’est de coutume partout ailleurs, les informations et communiqués officiels auraient dû faire le point sur les raisons d’un séjour aussi long. Je constate que ce n’est pas le cas ». Et le fait d’avoir signé le 03 août des décrets portant nominations dans l’armée, ne résout pas le manque de transparence.

« Verrouillage sécuritaire »

« Oui, plusieurs décrets ont été signés. On y lit la promotion de cinq colonels au grade de général de brigade dont Raymond Jean Charles Beko’o Abondo, commandant de la garde présidentielle depuis 2013. C’est une preuve de continuité du pouvoir. Tandis que la nomination du nouveau major général d’Etat-major des armées et le remplacement de 4 sur 5 commandants de régions militaires interarmées répondent plus à un verrouillage sécuritaire pour s’assurer de la loyauté de l’appareil militaire », affirme M. Segbo, poursuivant : « Rappelons que dans un passé pas si lointain, juste après le coup d’état militaire de 2023 au Gabon, le Président Paul BIYA avait procédé à des remaniements militaires. Ces nominations répondent à une logique de contrôle préventif pour dire à l’appareil militaire du Paul BIYA est toujours « aux commandes » ». Et de marteler concernant ces décrets : « Grâce aux techniques modernes de l’information et de la communication, visioconférences et lignes téléphoniques sécurisées, signature et transmission électroniques, c’est possible, y compris dans de grandes démocraties. Les cabinets, leurs directeurs et secrétaires, sont là pour préparer les dossiers… aucune constitution ne rend vacant le pouvoir dans ce cas », souligne encore Olivier Segbo, constatant que : « En Afrique, peu de dirigeants construisent des hôpitaux, centre de soins et forment des médecins auxquels ils font confiance pour leur remise en forme ». S’il pense que dans le cas d’espèce que « La loyauté des forces de défense et de sécurité et l’acte de signer des décrets à distance tiennent lieu de présence physique du Président », M. Segbo s’empresse de tempérer son propos : « Gageons qu’aucune crise majeure, nationale ou internationale, ne vienne perturber ce fonctionnement si singulier du pouvoir de M. Paul Biya ».

Par J.-C. É.

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