Président de l’Association EFRACAM, élu lors des Assemblées générales extraordinaire et ordinaire du 4 juillet 2026 et d’un Conseil d’Administration tenu à Chevilly-Larue (94). Dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, il explique les raisons de la situation actuelle à EFRACAM sans oublier d’entrevoir l’avenir de l’association.

Vous êtes le président de EFRACAM, l’association des élus en France d’origine ou de nationalité camerounaise, à l’issue de l’AG extraordinaire et l’AG ordinaire du 4 juillet 2026. Or dans une tribune parue le 12 août 2026 chez nos confrères de Camer.be, la présidence de cette Association dément tout changement à la tête de l’organisation.

Quelle est la situation exacte à EFRACAM aujourd’hui,14 août 2026 ?

En conformité avec les statuts en vigueur, j’ai été proposé et élu régulièrement le 4 juillet 2026, dans le strict respect de la loi de 1901 qui régit le fonctionnement des associations en France. A ce propos, je rappelle que la convocation était statutaire, respectant toutes les règles d’organisation d’une assemblée générale extraordinaire et d’une assemblée générale ordinaire. Tous les membres, y compris l’ancienne direction, ont été convoqués. Les membres présents ont pu constater que le quorum était atteint selon les statuts de l’association. C’est-à-dire le tiers des membres présents et représentés à jour des cotisations. Les membres représentés ont envoyé une procuration signée accompagnée d’une pièce d’identité. Dans la souveraineté de l’Assemblée, j’ai été élu président à l’unanimité des membres présents et représentés. Et le même jour, Caroline Adomo a été réélue comme secrétaire générale ainsi que la trésorière Hemine Rigaud. Toutes les deux à l’unanimité.

Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre pour EFRACAM sous ma présidence qui est reconnue sous le récépissé n° W75229538 de déclaration et modification de l’Association, signé par la préfecture, le 28 juillet 2026 dernier. Afin de protéger l’association, nous avons déclaré officiellement la marque EFRACAM auprès l’Institut National de Propriété Industrielle (INPI). Cette marque est dorénavant sécurisée juridiquement comme un patrimoine immatériel de l’Association, sous le numéro 5286099. Toute tentative d’utilisation de la marque EFRACAM peut-être sujette à des poursuites judiciaires. La nouvelle gouvernance, sous ma responsabilité, réaffirme une détermination sans faille à restaurer la collégialité dans la direction de l’association et son fonctionnement, la transparence sur le plan de la gestion financière pour la sérénité de la communauté des élus Franco-Camerounais.

Comment en est-on arrivé à avoir deux associations EFRACAM en France ?

Nous en sommes arrivés-là, parce que l’élection de M. Pierre De Gaétan Njikam, le 4 juin 2024, a été marquée par de nombreuses irrégularités, comme le quorum qui n’était pas atteint, le recours à de fausses procurations, et surtout plus de 2 ans après, il n’y a toujours pas eu de compte rendu, pas même ceux des Conseils d’Administration qui auraient dû se tenir. Et ces irrégularités ont continué dans ce qui a été appelé « Assises », mais transformées en Assemblées générales extraordinaire et ordinaire, à Bordeaux, alors que les convocations doivent partir au moins deux semaines à l’avance. Depuis fin novembre 2025 nous n’avons reçu aucun document sur les résolutions arrêtées, le quorum, la liste des membres présents… Alors que la loi sur les associations prévoit que ces documents doivent parvenir à tous les membres dans un délai de trois mois maximun. Déjà le 13 septembre 2025, le président du Comité des Sages que j’étais déplorait dans un courrier adressé au président d’alors M. Pierre De Gaétan Njikam, une centralisation excessive du pouvoir décisionnel au détriment de la collégialité, ignorant les principes fondamentaux de transparence, d’éthique et de performance. Une absence de consultation des instances compétentes et un manque de respect des statuts et du règlement intérieur, à l’exemple de la fermeture du groupe WhatsApp sans concertation avec le Bureau, par lequel nous communiquions ensemble, pour ne le laisser ouvert que pour le président M. Pierre De Gaétan Njikam et de la vice-présidente Mme Maxence ANCEL, seuls administrateurs. Par ailleurs la gestion opaque des finances était devenue le mode normal de fonctionnement. Enfin, le recrutement des nouveaux membres se faisait en violation totale des clauses statutaires.

En tant que président du Comité des Sages, j’avais demandé une révision en profondeur des statuts et du règlement intérieur pour assurer leur pérennité, puis la réévaluation des mécanismes de décisions avec répartition claire des rôles dans les statuts ainsi qu’une ouverture au dialogue. Le président et sa vice-présidente s’étaient engagés à suivre les recommandations. Ils n’ont jamais tenu cette promesse malgré les excuses de la vice-présidente lors d’une dernière réunion de conciliation.

Comment sortir de cette situation ?

Compte tenu de tous les griefs constatés par le Conseil d’Administration en réunion du 7 août 2026, qui a par ailleurs relevé plusieurs faits susceptibles de compromettre le bon fonctionnement de l’association, contrevenir aux obligations prévues par nos statuts et le Code civil applicable aux associations loi 1901, il fallait agir promptement. Car si ces faits étaient confirmés, ils constitueraient des manquements graves aux obligations de gestion loyale, de transparence financière et de respect des décisions collégiales, obligations qui découlent des statuts de l’association, du principe de gestion désintéressée prévu par la loi du 1er juillet 1901, et de la jurisprudence constante imposant aux dirigeants associatifs un devoir de diligence et de loyauté dans l’exercice de leurs fonctions.

Afin de préserver les intérêts de l’association, d’assurer la continuité de son fonctionnement et d’éviter tout risque supplémentaire, le Conseil d’Administration a décidé de prononcer à l’encontre du président M. Pierre De Gaétan Njikam et de la vice-présidente Mme Maxence ANSEL une suspension temporaire à titre conservatoire, avec effet immédiat. Une mesure prise dans l’attente d’un examen contradictoire de la situation par le Conseil d’Administration, conformément aux principes généraux du droit associatif. Le président et sa vice-présidente seront bientôt convoqués à une réunion du Conseil d’Administration durant laquelle ils pourront présenter leurs observations et fournir tout élément utile à leur défense. C’est seulement après cette rencontre qu’une décision définitive sera prise quant à leur statut au sein de EFRACAM.

Recueilli par J.-C. Edjangué

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