Après le voyage du président Emmanuel Macron au Cameroun, des membres des diasporas africaines lancent une pétition pour une autre offre visant à faire toute la lumière sur les exactions commises par la France lors des luttes anticolonialistes.

« Je souhaite que nous puissions avoir et lancer ensemble un travail conjoint d’historiens camerounais et français ». C’est ce que propose le président Emmanuel Macron, pour tenter de liquider un passé historique. Il s’agit d’un passif considérable et de graves crimes commis sur les nations africaines et en particulier pour les familles de victimes camerounaises et que la France traîne comme un boulet depuis plus de 70 ans. Les faits sont pourtant documentés, répertoriés, connus, déjà publiés.

De nombreuses publications

Les travaux de l’écrivain et historien Jacques Kago Lélé, dénombrent environ huit cent mille à 1 million de morts entre 1955 et 1960 tombés lors de la guerre de libération dans les villes de Douala, Nkongsamba, Sangmélima, Ebolowa….dont 8 mille personnes massacrées dans la localité de Yogandima et quelque 400 milles dans le pays bamiléké. Quant au livre « Kamerun. Une guerre cachée aux origines de la françafrique », de Manuel Domergue, Jacob Tatsitsa et Thomas Deltombe, paru en 2011, il évoque « plusieurs dizaines de milliers de morts ». Qu’apporteraient aux faits les commissions d’historiens suggérées par le président Macron ? Certes des détails précis, des exactions dans le camp nationaliste, voire des documents révélant des trahisons internes à ce camp des insurgés contre le pouvoir colonial. Ceci n’est pas l’essentiel. Le point de départ devrait être la simple reconnaissance, par l’État français, d’un préambule au mandat d’une éventuelle commission, reconnaissant la faute et les crimes commis au nom de l’État à travers un système criminel, néfaste, brutal, prévaricateur. Il est, par sa nature même, juridiquement condamnable et moralement indéfendable. Il convient aussi d’ajouter que si des travaux sectoriels peuvent être institués, il est à douter de l’efficacité de ce dispositif, car non contraignant. Les travaux parcellaires de l’historien Benjamin Stora, chargé en 2020 de rédiger un rapport sur « Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », rapport remis le 21 janvier 2020, ont montré les limites et les failles de ce type d’exercice voué aux petits pas, aux accommodements déraisonnables et aux manœuvres politiciennes. Stora a davantage parlé de la guerre d’Algérie (qui surpassa en effet en drames par le type particulier de colonie de peuplement qui y fut exercé, par sa durée et son intensité, les horreurs du système d’exploitation et d’assujettissement d’une nation) que de la colonisation elle-même. Il ne faudrait donc pas retomber sur des pièges d’une diplomatie de la commission Théodule ou du Rapport d’un savant amadoué.

« Diplomatie de l’édredon »

Cette diplomatie de l’édredon cherche à habiller de vertu une démarche n’utilisant que la ruse pour lanterner. Cette approche apparaît pour ce qu’elle est : grotesque par ses finasseries, insupportable aux nations, aux populations comme aux familles martyrisées. Saupoudrer l’examen des crimes coloniaux et postcoloniaux en les segmentant serait un aveuglement et une grave entorse à la vérité globale. Il convient d’exiger l’ouverture de toutes les archives de la colonisation européenne et mettre sur pied un comité panafricain d’intellectuels qui y travaillerait non pendant un an, mais cinq s’il le faut. L’Algérie et le Cameroun, le Maroc et l’Angola, le Mozambique et la Guinée, pour ne citer que ces pays, attendent une reconnaissance forte des terribles dommages occasionnés par un système. La colonisation a massacré, violenté, avili et dépouillé. Il faut le dire sans lambiner et présenter, pour l’Histoire et non pour les seuls historiens, les sincères contritions qui s’imposent avant tout examen global ou au colon par colon, autrement dit, au cas par cas. 

Les premiers signataires :

Jean-Célestin EDJANGUE : Journaliste/essayiste, Promoteur du site d’information continue sur l’Afrique et ses diasporas www.newsafrica24.fr 

Eugène EBODE : Ecrivain, Docteur en littérature française, Docteur Honoris Causa, Chroniqueur littéraire au Courrier de Genève 

Jean-Claude TCHATCHOUANG : Ancien économiste au FMI et à la Banque mondiale.

Dr Oumar DOUMBOUYA : Directeur Général de l’Enseignement Supérieur/Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation. 
BP. 2201- Rép de Guinée 
Tél. +224 622625967 / +224663707043

Nétonon Noël NDJEKERY : Route d’Arnex 13, 1262 Eysins (Vaud) Suisse, Tel. +41 79 245 99 85

Pr. Alain Joseph SISSAO : Professeur des universités, Burkina Faso

Raoul NKUITCHOU NKOUATCHET: Écrivain, Universitaire, Consultant en relations industrielles

Marie LISSOUCK: Écrivaine, Promotrice de l’Association Cœur de Marie Tél. 0625904217

Fatoumata SANO : Professeur de langue étrangère, formatrice des formateurs du préscolaire, écrivaine

Eitel Basile NGANGUE EBELLE : Professeur d’Économie-Gestion, Président & Founder of Festival 

International du Film PanAfricain de Cannes, Président du Groupe Nord-Sud Développement, Et du Village du Suquet à Cannes, Membre Permanent de la Commission consultative de la Ville de Cannes. nbasile@hotmail.com Tel. +33 610 04 69 44 www.fifp.fr / www.nsd-institute.org

Isabelle da PIEDADE : Chercheuse, Voyageuse, Photographe, Auteure

Tiambel Guimbayara : Journaliste, Directeur de Publication du magazine « La Voix du Mali ». 

Christian KADER KEÏTA : Contrôleur Financier (SNCF), il est diplômé en droit des affaires (Caen, Normandie) ; et titulaire d’un MBA Management et Finances (Concordia à Montréal), et d’un Master 2 (IAE Caen). Il est Secrétaire Général du Rice et Directeur Associé chez Avutann. Depuis 2006. Auteur de « Sur le chemin de la restitution des œuvres aux Africains »

Adrien POUSSOU : Auteur, Expert en géopolitique, spécialiste de l’Afrique. Ancien Ministre de la communication et de la Réconciliation nationale

Leila BENHALIMA : Pharmacienne

Mamadou KANE : Egyptologue

Jacob AKUO : Avocat, Cameroun

Zulu MBAYE : Artiste, Sénégal

Boni Markus TEÏGA : Écrivain, Bénin

Mamadou SECK : journaliste, Grand Reporter, Sénégal

Saïd Larifou : Avocat, Président de l’ONG Waraba d’Afrique, Comores

Jules-Victor Kingué : Animateur événementiel, Cameroun

Dr. Anna Marie Diagne, linguiste, universitaire, Sénégal

Nassuf Djailani : écrivain, journaliste et éditeur.

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