Tout nouveau président élu par l’Association Gnina Sawa lors de l’Assemblée générale élective du mois de mars 2026, il dresse un premier bilan de la Journée culturelle traditionnelle « Émunè Mulatako », organisée dimanche 26 juillet 2026 à Bonneuil-sur-Marne (94), évoque au passage la situation compliquée au sein de cette structure sans oublier les perspectives d’avenir. Sans langue de bois.

Quel bilan dressez-vous de la Journée culturelle traditionnelle Ngina Sawa « Émunè Mulatako », à Bonneuil sur Marne, dimanche dernier, 26 juillet 2026 ?

Honnêtement, ça été un succès populaire incontestable, avec la présence des parents et enfants, des autorités traditionnelles et civiles, des représentants associatifs, des entrepreneurs, des artistes, des stands d’exposition du savoir- faire des filles et fils Sawa, tant en matière de confection des Kabas et Sanjas, de fabrication des objets d’art et l’artisanat traditionnel des peuples Sawa, qu’en matière artistique, et gastronomique avec l’extrême diversité des produits alimentaires de notre espace communautaire, … sans oublier les ateliers et activités. Je pense par exemple à la démonstration de Mme Pierrette Dualla, en plein air, sur les manières de nouer le foulard sur la tête selon que la femme veut l’attacher comme le faisaient nos arrières grand’mères, nos mamans aujourd’hui ou encore nos jeunes sœurs, plus en phase avec la modernité. Je pense également à l’élection de Miss Kaba et du Mister Sanja, au spectacle de la lutte traditionnelle, « besua », que nous avons réussi pour la première fois dans l’histoire d’une fête culturelle traditionnelle Sawa, à organiser loin des berges du Wouri et du triangle national. Il y avait vraiment une belle vitrine de la culture traditionnelle Sawa, à Bonneuil-sur-Marne, pour cette journée exceptionnelle Emunè Mulatako. Notre souhait est que nous puissions renouveler cette programmation, tout en l’améliorant encore, lors de la prochaine édition en 2027.

Un des moments solennels de cette Journée culturelle traditionnelle Ngina Sawa Emunè Mulatako aura été la distinction de l’artiste Belka Tobis, élevé au rang d’élite Sawa, adoubé par son aîné, Sallè John. Comment avez-vous vécu cette cérémonie ?

Belka Tobis est l’artiste qui fait connaître la langue bassa dans le monde entier. Aujourd’hui, c’est une langue qui est véhiculée un peu partout, bien au-delà des frontières camerounaises et africaines. Nous avions à cœur de lui rendre cet hommage de son vivant. C’est dans ce sens qu’il a été élevé au rang de Muaja, c’est-à-dire élite Sawa. En plus, il a été intronisé par Sallè John, qui est un peu le père de Belka Tobis, son mentor, et qui a lui-même eu cette distinction au sein du Ngondo au Cameroun. C’était très émouvant de vivre cette cérémonie.
On a remarqué que la Journée culturelle traditionnelle Sawa a été célébrée cette année à Ville Juif, samedi 25 juillet, par une association Nginya Sawa, alors que Ngina Sawa Emunè Mulatako l’a fait le dimanche 26 juillet, à Bonneuil-sur-Marne. Pourquoi ? Quelles perspectives pour Ngina Sawa ?

Nous déplorons cette triste réalité, qui a conduit à organiser deux Emunè le même week-end. Nous, à Emunè Mulatako, avons toujours œuvré pour la paix. C’est pour cela que notre nous sommes Emunè Mulatako. Nous voulons rassembler toute la communauté Sawa, nous voulons que nous puissions nous retrouver en toute sérénité, que Ngina Sawa redevienne une seule et même entité. Une fois que j’ai dit cela, je m’empresse d’ajouter que l’on ne peut pas avoir une direction démissionnaire depuis un an, qui n’a pas été capable de présenter le bilan de ce qui s’est passé à l’Emunè 2025. Pire, l’équipe précédente a été battue aux élections, a tenté d’aller ensuite dissoudre l’association auprès de la Préfecture de Paris. Nous avons refusé que cette équipe entraine la mort de Ngina Sawa. Nous avons repris le flambeau après mon élection à la tête de Ngina Sawa pour continue la promotion de la culture traditionnelle Sawa, la transmission de nos valeurs à nos enfants et petits-enfants, pour la perpétuation de l’identité Sawa.

Recueilli à Paris par J.-C. Edjangué

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