Ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui a accédé à la souveraineté le 03 août 1960, célèbre ce mercredi son accession à la souveraineté territoriale, sur fond de plusieurs urgences.

« À son indépendance, le 3 août 1960, le Niger a fait de la consolidation de son unité la pierre angulaire de son projet de bâtir une Nation prospère et épanouie ». En rappelant cette réalité, mardi, lors de son message à la Nation dans le contexte de la célébration des 62 ans d’accession à l’indépendance du Niger, le 03 août 1960, le Président de la République, Mohamed Bazoum, lance en même temps un appel à faire bloc derrière son gouvernement pour mieux lutter contre la menace terroriste. Une unité nationale qui, aux yeux du Président Bazoum, conditionne « le dessein d’édifier une Nation nigérienne Une et solidaire est une boussole qui a servi de repère à toutes les générations de dirigeants de notre pays, malgré les vicissitudes auxquelles ont pu être confrontés les différents régimes politiques qui se sont succédé », a-t-il souligné.

La sécurité, enjeu vital

Le renforcement du sentiment d’appartenance à une même nation, comme avait tenté de le faire l’ancien président Issoufou en lançant par exemple l’initiative agricole « Les Nigériens nourrissent les Nigériens(3N) », est inséparable de l’appartenance aux valeurs démocratiques et d’État de droit. « Cette quête d’un régime politique devant épouser nos valeurs sociétales fondamentales, tout en adhérant aux valeurs universelles de la démocratie et de l’État de droit, est adossée à l’exigence de la préservation des vertus cardinales que sont l’unité, la culture de la paix, la tolérance, la solidarité et la concorde nationales », a précisé Mohamed Bazoum. Dans cette optique, il appelle chaque citoyenne et citoyen du Niger à considérant d’abord l’intérêt général. « Nous avons la responsabilité collective de créer les conditions d’un consensus fort aujourd’hui plus qu’hier en vue de lutter contre la grande menace que représente le terrorisme pour notre pays ». Quant à la priorité de son action, elle ne fait l’ombre d’aucun doute. « Notre agenda diplomatique reste centré, de manière prioritaire, sur les enjeux sécuritaires régionaux avec pour toile de fond la recherche d’une bonne coordination avec les États de la sous-région ouest africaine d’une part, et les puissances extrarégionales engagées dans la lutte contre le terrorisme, d’autre part », a encore souligné le chef de l’État, profitant de l’occasion pour saluer l’action des Forces de défense et de Sécurité mobilisées et déterminées à « montrer à la Nation leur capacité à contenir les actions terroristes sur notre territoire avec professionnalisme et dignité ». Et s’il assure que l’État ne tergiversera pas quant aux moyens multiformes à mettre à disposition des Forces de défense et de Sécurité du Niger, c’est parce que pour le chef de l’État, la paix détermine l’état général du pays.

Pauvreté

Une croissance économique de 5,2% est attendue au Niger d’ici à la fin de l’année 2022. D’après la Banque Mondiale, cette croissance qui repose sur plusieurs évolutions positives, dont le retour à une saison agricole moyenne et une amélioration progressive de la situation sécuritaire, aura, entre autres conséquences, la diminution de la pauvreté qui devrait reculer de 0,8 point de pourcentage pour atteindre, 41% en 2022. Le Niger se classe onzième au palmarès des pays qui produisent le moins de richesse en 2022, avec un PIB par habitant de 661 dollars, en hausse par rapport à 2021, mais insuffisant pour endiguer la pauvreté. En 2014, 45,4% des Nigériens vivaient sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. Le nombre de pauvres devrait augmenter de 200 000 personnes et atteindre 10,7 millions en 2022 en raison de la croissance démographique rapide. La Banque mondiale explique cette situation par plusieurs facteurs. « La combinaison de la pandémie de COVID-19 avec les crises climatique et sécuritaire a eu un impact particulier sur les indicateurs de santé du Niger. Une proportion importante et croissante de la population nigérienne est en mauvaise santé ».

Par Jean-Célestin Edjangué

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