L’ouvrage collectif de l’Amicale des auteurs camerounais de la diaspora, préfacé par SEM. André-Magnus Ekoumou, Ambassadeur du Cameroun en France, avec la postface de l’anthropologue afro-américaine, Sheila S. Walker, vient de paraître, chez L’Harmattan, à Paris, et sera présenté à la 5è édition du Salon du livre africain de Paris, les 21 et 22 mars 2026, Réfectoire des Cordeliers, 15 rue de l’Ecole de Médecine, dans le 6è arrondissement.

« Vivre l’Afrique en diaspora se veut davantage qu’un simple projet littéraire. C’est une démarche identitaire, mémorielle et créative, qui invite chaque membre de l’AMACAD, et chaque citoyen issu de ce continent mère, à renouer avec cette part intime de lui-même que l’éloignement géographique ne saurait effacer. À travers la diversité des profils, voix, plumes, styles, récits et genres, cette œuvre collective, ambitionne de rendre palpable la complexité d’un lien profond, fait de nostalgie et d’espérance, de fierté et de questionnements, de distances et de retrouvailles. Puisse cette initiative offrir un miroir authentique de ce que signifie être Africain au-delà des frontières, et contribuer, à sa manière, à renforcer les passerelles culturelles, intellectuelles et humaines entre le continent et celles et ceux qui continuent de le porter au cœur, où qu’ils se trouvent dans le monde ». La 4ème de couverture, sobre, donne le ton du document sur les sentiments que l’on peut développer par rapport à ses racines quand on vit éloigner d’elles.

« Ici et là-bas… »

« Le titre de cette production littéraire « Vivre l’Afrique en diaspora », est une invitation à un voyage coloré, épicé, culturel, historique, musical… sur fond de questionnements et de découvertes du berceau de l’humanité, ici et là-bas, entre l’éloignement et l’enracinement, entre la terre de naissance et le pays d’accueil, entre l’éducation et les modes de vie, entre les pratiques sociétales. Sans jamais oublier de construire des ponts entre les deux rives de la méditerranée », écrit dans la préface, SEM. André-Magnus Ekoumou, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Cameroun en France, ajoutant : « La preuve que, comme dans tout projet, quand on se met ensemble, les résultats peuvent être surprenants. Oui, la diaspora africaine est une réalité historique, géographique, culturelle… Elle n’est guère homogène. La seule définition qui vaille est surtout celle de l’exode. »

Sheila S. Walker, célèbre anthropologue culturelle et cinéaste, afro-américaine, spécialiste des questions liées aux diasporas africaines, de s’interroge dans sa postface en s’appuyant sur le titre du poème « Heritage (Patrimoine ) » de Countee Cullen : « L’Afrique, qu’est-ce donc pour nous ? ». Pour y répondre, elle commencer par rappeler l’étymologie du mot diaspora, qui vient du grec ancien, voulant dire « semer, éparpiller à travers ». Et d’expliquer : « Dans le contexte des diasporas africaines, il s’agit de l’éparpillement des êtres humains africains hors de leur continent d’origine ». Et de conclure : « Pour les individus qui vivent l’Afrique en dehors de l’Afrique, avoir deux cadres de référence, ou même plus me semble plus riche que de n’en avoir qu’un seul. Les Africains et afro-descendants qui vivent l’Afrique en diaspora n’ont pas laissé l’Afrique derrière eux. Ils l’ont amené avec eux de plusieurs façons pour mener en dehors du continent une vie complexe, alimentée de multiples sources ».

12 auteurs,14 textes, 230 pages

Cette contribution collective de douze auteurs camerounais membres de la diaspora, six femmes et autant d’hommes, présentant des profils et parcours divers et variés, installés en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique, en Afrique ou encore en Guyane française, regroupe des styles d’écriture te genres littéraires éclectiques. Depuis la poésie jusqu’à l’essai an passant par le romanesque et la nouvelle, les histoires racontées à travers quatorze textes sur 230 pages, témoignent de l’hétérogénéité des manières dont chacun vit son rapport à l’Afrique loin de son pays natal, sans jamais en être complètement séparé ou définitivement éloigné. Une richesse d’approches qui est incontestablement un plus pour la qualité d’une production qui vaut vraiment la peine d’être lue.

Par Franck Essomba

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