La chorégraphe, sœur de l’illustre journaliste, prépare un spectacle exceptionnel pour le début d’année 2027, à Douala, au Cameroun.

« Le point de départ de cette pièce est le décès de ma sœur aînée, Suzanne Bema Kalo-Lobè, le 1er août 2024, à l’hôpital de la Garnison militaire, à Bonanjo, à Douala », explique le document en construction qui devrait déboucher sur le dossier de presse. « Figure majeure du journalisme au Cameroun et en Afrique, l’engagement, la parole et l’humanité de Suzanne Bema Kala-Lobè traversent aujourd’hui mon travail chorégraphique, en résonnance à ma propre recherche d’artiste engagée », poursuit Georgette Kala-Lobè, sa cadette. 

« Dialogue entre deux présences »

 « Ce solo s’inscrit comme un espace de transformation : la danse s’y déplace, traversée par une perte qui vient modifier l’équilibre du mouvement. La pièce tend alors vers une forme de dialogue, dans laquelle deux présences se répondent- l’une par le corps et l’espace, l’autre par l’encre, la voix et la mémoire », confie encore l’artiste, qui s’appuie sur son ancrage dans une double culture, l’Afrique et l’occident, pour développer une écriture chorégraphique reliant l’intime à une dimension beaucoup plus universelle. « NDOTI est pensé comme un hymne, un hommage aux femmes, à la vie et comme une quête spirituelle dansée, traversée par un désir de paix et de transmission », souligne encore Georgette Kala-Lobè, avant d’insister : « Dans cette création, l’image occupe une place essentielle. Elle ne relève pas d’un simple accompagnement mais constitue un élément à part entière du processus chorégraphique. Archives familiales, projection et travail vidéo participent d’une même écriture : le corps et l’image s’articulent dans une relation d’unité, où l’un prolonge et transforme l’autre.  L’image agit comme une présence, une ponctuation venant inscrire la mémoire au cœur du mouvement ». Sur le plan technique, NDOTI est une production révolutionnaire.

Dispositif vidéo et collaboration artistique

 « Le travail de création de NDOTI intègre un dispositif vidéo développé en collaboration avec le vidéaste Christophe Polart, en continuité avec projets informatifs, menés ensemble depuis l’année 2000 », note l’artiste chorégraphique, précisant : « Dans cette recherche, la caméra ne relève pas d’un outil de captation mais d’un véritable partenaire de jeu. Elle accompagne, prolonge et déplace le mouvement, participant pleinement à l’écriture chorégraphique. Le geste filmé, saisi au plus près, devient matière à projection et à transformation en temps réel ». Pour ce faire, le travail réalisé à partir des archives visuelles, les photographies familiales, notamment des images liées à Georgette Kala-Lobè, sont réintroduites dans l’espace scénique. « Ces images manipulées et projetées en direct, entrent en dialogue avec le corps en mouvement, créant une circulation entre mémoire intime et présence sur le plateau. Ce travail prolonge une pratique développée dabs des performances antérieures, notamment dans les contextes scéniques et d’exposition où l’image, le corps et l’espace étaient pensés dans une relation dynamique et simultanée ».

Cette résidence permettra approfondir ce dispositif, via « la mise en place technique (captation, projection, régie en direct) ; l’exploration du lien entre archives, écriture et chorégraphie ; l’affinement du dialogue entre présence filmée et présence incarnée », conclut l’artiste chorégraphe.

NDOTI, le spectacle d’hommage à Suzanne Bema Kala-Lobè, avec sa sœur Georgette Kala-Lobè et la collaboration de Christophe Polart, est prévu en 2027, probablement en début d’année.

Par Jean-Célestin Edjangué

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