Représentante et notable en France de sa Majesté Edonguè James Martial, Chef supérieur du Groupement Batanga Sud. Elle revient sur le projet d’inscrire la projection du film documentaire de Serge Pouth à la programmation du Festival international du film panafricain (FIFP) de Cannes en octobre 2025, évoque l’importance du Roi Madola dans sa quête identitaire, sans oublier la cérémonie de dédicace du livre « Le Roi Madola ma Dimalè. Un résistant méconnu », qui aura lieu à Kribi ce samedi, 11 juillet 2026.

Vous êtes à l’origine de l’inscription du film documentaire de notre confrère feu Serge Pouth, sur le Roi Madola, à la programmation de la 23è édition du Festival international du film panafricain (Fifp) de Cannes, en octobre dernier. Quel souvenir en gardez-vous ?

C’était un moment extraordinaire. Nous avons, à cette occasion, eu l’honneur de rendre hommage au célèbre roi, en présence des monarques venus du Cameroun et leurs délégations, y compris l’association Ekakayi y a Batanga de Paris et des élus. J’en profite d’ailleurs pour adresser mes remerciements les plus sincères à M. le gouverneur de la Région du Littoral, M. Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, aux partenaires publics et privés pour leurs soutiens multiformes remarquables. Akéva, M. le Gouverneur. Lors de cette projection au Fifp, nous avons célébré le devoir de mémoire au rythme des chants traditionnels, des conférences et exposition des stands littéraires, sous les projecteurs des médias africains dont la Crtv et des médias internationaux, pour marquer le rayonnement historique du Roi Madola sur la sphère internationale. Nous avons d’autres projets en gestation.

En quoi peut-on dire aujourd’hui que la mémoire du Roi Madola est prégnante dans la vie de la communauté Batanga ?

La mémoire du Roi Madola, que l’on pourrait effectivement craindre qu’elle ne tombe dans l’oubli, continue en réalité de guider nos pas pour entrevoir de nouvelles perspectives, celles d’ouvrir de nouvelles fenêtres dont l’ouvrage en dédicace à Kribi, ce samedi 11 juillet 2026, qui retrace l’évènement hommage du Festival international du film panafricain de Cannes, en octobre 2025.

Quelle particularité revêt, pour vous, la cérémonie de dédicace du livre « Le roi Madola » ?

 Cette cérémonie de dédicace prend effectivement un relief particulier. Il s’agit de rendre hommage à mon ancêtre Madola, celui qui m’a permis de préserver mon nom, ma terre Bongahelè, Kribi, mon royaume, ma langue Ndowè au-delà des frontières du Cameroun, ma culture, mes traditions. Le Roi Madola a en réalité contribué à la restauration de mon identité, il reste d’une actualité incontestable. Ses actes posés comme résistant le sont pour la postérité. Le Roi Madola a non seulement vécu, mais continue de vivre à travers ses œuvres, son histoire, les témoignages et hommages qui lui sont rendus. De fait, le roi Madola continue de changer la vie de millions de personnes dans le monde au quotidien.

Recueilli par J.-C. Edjangué

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