Rappelé auprès des Ancêtres le 23 octobre 2006, à Douala, le footballeur étincelant, militant syndicaliste vaillant et diplomate chevronné, est au cœur de l’évènement, ce 23 octobre 2026, à la Rare Gallery, dans le quartier du Marais, en plein 4è arrondissement de la capitale française.
« 23 octobre 2006-23 octobre 2026. Ça fait 20 ans, jour pour jour, que Eugène Njo Léa a rejoint la terre de ses Ancêtres, et qu’il est resté dans l’âme et l’esprit, surtou la considération de ceux qui savent à qui ils doivent leur statut de footballeur professionnel. Ce sont les sportifs et footballeurs de France ».
Abdelaziz Moundé, Président de la Maison des Camerounais de France/Centre Franco-Camerounais, institution initiatrice du programme d’hommage dont Eugène Njo Léa est le premier à être honoré, ne manque pas de mots pour exprimer l’évènement qui aura lieu ce vendredi 23 octobre 2026, à Paris 4è arrondissement. Il poursuit : « Puisque cet enfant venu du Cameroun pour la France, en 1951, a fondé en 1961 l’Union nationale de footballeur professionnel (UNFP), après des études de droits. Il est le premier à obtenir en France un doctorat de droit comme footballeur pendant ses études, le premier à avoir avec Kees Rijvers, l’international Néarlandais, maître du changement de rythme et de la vision du jeu, et Rachid Mekhloufi, stratège franco-algérien, génie technique et redoutable buteur, à offrir le tout premier titre de champion de France à l’As St-Etienne, il est aussi le premier africain à être goaleader du championnat de France de football d’élite et un diplomate émérite, pionnier de la diplomatie en France, puisqu’il a été Directeur de Cabinet du premier Secrétaire général de l’OUA, Diallo Telli. C’est donc à cet homme, aux multiples casquettes, aux talents divers, que nous rendons hommage. C’est donc un personnage pluriel, un puits sans fond. Comme on l’habitude de dire Williams Njo Léa, son fils et Désiré Njo Léa son neveu ».
« Transmission »
Pour Serges Ngounga (lire par ailleurs), co-directeur du livre d’hommage consacré à Eugène Njo Léa, le coup d’envoi des activités concernant les 20 ans de son décès s’inscrit totalement dans le but de mieux faire connaître l’homme et son œuvre, de permettra à des générations présentes et à venir, de s’approprier de son histoire. « Le lancement parisien ouvre un travail mémoriel appelé à se déployer tout au long de l’année, au rythme des activités du collectif. Le programme est en cours de finalisation avec divers partenaires du monde sportif, culturel et universitaire, sans oublier le milieu associatif et des institutions internationales, en France comme à l’étranger », confie-t-il, insistant : « Eugène Njo Léa mérite d’être davantage connu, non seulement pour son parcours exceptionnel de footballeur, mais aussi pour son engagement intellectuel, militant et diplomatique. Il appartient à cette génération de Camerounais qui ont porté leurs ambitions au-delà des frontières sans jamais cesser d’être attachés à leur pays et à son histoire. Les grandes figures de notre histoire ne doivent pas être célébrées seulement lors d’anniversaires ou de commémorations ponctuelles. Elles appellent un travail de mémoire permanent, afin que leur héritage inspire les générations présentes et futures ».
Une idée qui s’accorde parfaitement avec le cadre dans lequel ce lancement sera effectué, en plein cœur du quartier parisien du Marais, réputé pour son attachement à l’histoire et à la culture bien au-delà des frontières hexagonales. La Rare Gallery, dont le propriétaire estn Wilson Balda, métisse franco-béninois, est un lieu emblématique de cette culture du Marais parisien, ouvre ses portes chaque jour aux artistes du monde entier, leur donnant l’occasion de faire apprécier leurs œuvres et de rencontrer un public symbole du brassage culturel.
Quel bel hommage à Eugène Njo Léa, dont l’un des rêves, celui de promouvoir le football professionnel en Afrique, rejoignait son idéal humaniste d’un monde où le sport notamment était une discipline qui rassemble par-delà les origines, la religion et le sexe.
Par Jean-Célestin Edjangué à Paris

