Président de l’Amicale des auteurs camerounais de la diaspora (AMACAD), Co-directeur du livre d’hommage à Eugène Njo Léa, footballeur exceptionnel, militant et diplomate Camerounais, ayant vécu en France, décédé le 23 octobre 2006 à Douala, dont les activités de commémoratives seront lancées ce vendredi, à Paris et pendant un an. Il a bien voulu lever un pan du voile de cet évènement. Passionnant !
Les invitations sont lancées. Ce vendredi, 23 octobre 2026, à la Rare Gallery, au quartier du Marais, sera donné le coup d’envoi de l’hommage commémoratif annuel d’Eugène Njo Léa. Pourquoi cet évènement et quelles sont quelques-unes des personnalités attendues ?
Cet événement répond avant tout à un devoir de mémoire et de reconnaissance. Eugène Njo Léa mérite d’être davantage connu, non seulement pour son parcours exceptionnel de footballeur, mais aussi pour son engagement intellectuel, militant et diplomatique. Il appartient à cette génération de Camerounais qui ont porté leurs ambitions au-delà des frontières sans jamais cesser d’être attachés à leur pays et à son histoire. Les grandes figures de notre histoire ne doivent pas être célébrées seulement lors d’anniversaires ou de commémorations ponctuelles. Elles appellent un travail de mémoire permanent, afin que leur héritage inspire les générations présentes et futures.
Eugène Njo Léa a vécu en France, et son parcours s’inscrit dans une histoire de rencontres, d’engagements et de passerelles entre le Cameroun et la France. Paris est donc un lieu symbolique pour lancer cette année commémorative. Nous souhaitons réunir des personnalités de tous horizons : le monde du football, les milieux culturels et littéraires, la diaspora camerounaise, les acteurs associatifs, et toutes celles et tous ceux qui tiennent à préserver notre patrimoine historique. Cet hommage doit dépasser le cercle des initiés et devenir un moment de rassemblement, de transmission et de reconnaissance collective. Nous attendons d’anciens Lions Indomptables et des membres éminents de l’UNFP, le syndicat de défense des droits des footballeurs qu’Eugène Njo Léa a fondé en 1957 aux côtés de Just Fontaine. Erick Monjour, promoteur du Salon du livre africain de Paris, a confirmé sa présence. Des journalistes et des blogueurs sont aussi conviés.
Eugène Njo Léa a évolué à l’AS St-Etienne, à l’Olympique Lyonnais et au Paris FC. Quelles sont les différentes étapes de cet hommage ?
Nous avons voulu inscrire cet hommage dans la durée, au-delà d’une cérémonie unique. Eugène Njo Léa mérite que l’on revisite son parcours, que l’on en révèle les facettes et que l’on mesure la portée de son héritage. Nous faisons dialoguer plusieurs dimensions de sa vie : le sportif, mais aussi l’homme engagé, le militant et le diplomate. On ne saurait le réduire à sa seule carrière footballistique, aussi remarquable soit-elle.
Cette année commémorative permettra de rassembler des témoignages, de valoriser les archives, de faire entendre ceux qui l’ont connu et de transmettre son histoire à un large public. Nous voulons aussi toucher les jeunes générations, en particulier les jeunes Camerounais de la diaspora, qui ne connaissent pas toujours les figures de l’histoire du sport et de l’engagement camerounais. Le fil conducteur est simple : se souvenir, documenter, transmettre et faire vivre l’héritage.
Le lancement parisien ouvre un travail mémoriel appelé à se déployer tout au long de l’année, au rythme des activités du collectif. Le programme est en cours de finalisation avec divers partenaires du monde sportif, culturel et universitaire, sans oublier le milieu associatif et des institutions internationales, en France comme à l’étranger. Le programme sera communiqué dès qu’il sera arrêté.
On imagine que vous avez des attentes particulières en tant membre du collectif qui organise cette année mémorielle ?
Nos attentes sont nombreuses, mais elles tiennent en une ambition : que cet hommage ne soit pas un simple événement de circonstance, mais le point de départ d’une véritable dynamique de transmission et de valorisation de notre mémoire collective. En tant que président de l’Amicale des auteurs camerounais de la diaspora et membre de ce collectif du souvenir, je suis particulièrement sensible à cette question. Une société qui ne documente pas son histoire risque de perdre une partie de ses repères. Il importe donc de recueillir les témoignages, de préserver les archives et d’encourager les écrits consacrés à des personnalités comme Eugène Njo Léa.
Cette année commémorative doit faire mieux connaître l’homme derrière le sportif. Son parcours invite à réfléchir aux liens entre sport, culture, engagement citoyen et rayonnement international du Cameroun. Nous attendons aussi un dialogue entre les générations : les anciens ont des souvenirs précieux à transmettre ; les jeunes ont besoin de connaître ceux qui les ont précédés pour mieux comprendre leur propre histoire. Enfin, nous voulons susciter un intérêt durable auprès des institutions culturelles, au sein des universités, auprès du monde sportif, des chercheurs, des écrivains et des médias, au Cameroun et en Afrique comme en France et en Europe.
Notre ambition est de faire passer Eugène Njo Léa du souvenir de quelques-uns à la mémoire de tous. Si nous suscitons de nouvelles recherches, préservons des archives et donnons aux jeunes l’envie de découvrir son parcours, nous aurons accompli l’essentiel de notre mission. Et si l’UNFP, la maison dont il a posé les premières pierres, décernait un jour un trophée portant son nom ? Un trophée UNFP « Eugène Njo Léa » allumerait dans le cœur de milliers d’Africains une lumière éternelle.
Recueilli par J.-C. Edjangué

