Les anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, invités à la célébration, dimanche 7 août, par le président Alassane Ouattara, se sont faits remarquer par leur absence.

La fête s’annonçait grandiose, mémorable avec des invités prestigieux venus de l’extérieur et de l’intérieur. Certes, le défilé s’est déroulé en présence d’invités du président en exercice de la CEDEAO, Umaro Sissoko Embaló, par ailleurs Président de la Guinée-Bissau, et celui du Libéria, l’ancien footballeur international, Ballon d’or France football, George Weah, invité d’honneur de cette fête nationale. Pour les poids lourds intérieurs, à l’instar des anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, dont la participation aurait été un signe vers une Côte d’Ivoire nouvelle… Il faudra repasser.

Timides signes d’apaisement

Ceux qui avaient misé sur la réconciliation nationale comme réalité pour célébrer les 62 ans de souveraineté nationale, devront encore attendre. Non pas que des signes d’apaisement aient manqué depuis plusieurs mois. Dans son adresse à la nation, samedi 06 septembre, le Président de la République, Alassane Dramane Ouattara, avait bien annoncé « La grâce présidentielle accordée au président Laurent Gbagbo », condamné par la justice ivoirienne à 20 ans de prison en 2018 pour l’affaire communément appelée du « casse de la BCEAO ». Le même président Ouattara qui, le 14 juillet dernier, alors que la France célébrait sa fête nationale, avait reçu les anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, pour marquer sa volonté de réconciliation nationale et de suivi du dialogue politique engagé fin 2020. On peut aussi ajouter au crédit de cette décrispation, voire de l’apaisement, la remise du passeport ivoirien à Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse de laurent Gbagbo, dans les locaux de l’Ambassade de la Côte d’Ivoire à la Haye, au Pays-Bas.

Bédié-Gbagbo : Des absents très remarqués

Au regard de tous ces signaux, nombreux sont les observateurs qui pariaient sur la présence d’au moins un des deux anciens chefs de l’État ivoirien, ce dimanche, à la fête des 62 ans d’accession à l’indépendance du pays de la lagune Ebrié. Que neni ! Ni Laurent Gbagbo, ni Henri Konan Bédié, qui ont pourtant tous les reçus l’invitation du président Alassane Ouattara à participer à la célébration des 62 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire, n’ont daigné faire le déplacement. Et ce n’est pas le communiqué publié par le PDCI, peu après les réjouissances, expliquant qu’ « Henri Konan Bédié ne pouvait prendre part aux célébrations pour raisons personnelles, mais qu’il avait mandaté une délégation de cinq personnes pour le représenter », qui rassurerait les plus sceptiques. D’autant plus que le PPA-CI de Laurent Gbagbo ne s’est pas donné la peine d’expliquer son absence à la cérémonie de ce dimanche pas comme les autres, en dépit du clin d’œil que le président Ouattara semblait lui avoir fait la veille, en lui accordant la grâce.

Or, la grâce n’est pas une amnistie comme l’espéraient probablement les partisans de Laurent Gbagbo et une bonne partie de l’opposition. L’amnistie annule la condamnation, alors de la grâce ne l’efface pas. Et Laurent Gbagbo, qui a dit publiquement dès son retour en Côte d’Ivoire après avoir passé 10 ans la Haye, qu’il n’a pas encore tiré de trait sur son avenir politique, peut avoir des inquiétudes légitimes quant aux chances réelles de se présenter à une la présidentielle de 2025.  

Par Jean-Célestin Edjangué

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