S’exprimant dans le cadre de la conférence d’ouverture de la FIFVE, l’ambassadeur du Rwanda en Allemagne, Igor César, a expliqué le choix de l’anglais comme langue nationale. Pour le diplomate, proche du président Paul Kagamé, c’est un choix dicté par des raisons purement économiques…

Il faut comprendre le contexte du Rwanda de 2003. Le pays vient de mettre sur pied ses nouvelles institutions, son nouveau plan de développement. C’est une année après avoir mis en place notre constitution, notre plan global de développement, notre plan d’unification du Rwanda. Et c’est le temps où le Rwanda à une véritable paix pour bâtir son pays. Il y a des choix qu’on fait quand on veut bâtir son pays, c’est une fois qu’on a assuré tous les éléments de pacification et unification, c’est rebâtir l’économie. Une économie qui avait complètement failli à cause des événements que l’on venait de vivre.

Une intégration régionale réussie

C’est dans ce contexte, où faisant notre propre bilan, nous avons estimé que la remontée de notre pays passait par l’intégration d’un groupe économique régional. Ce regroupement régional étant l’Afrique de l’Est. Et une intégration régionale réussie dans l’Afrique de l’Est ne pouvait pas se faire sans langue. Or, la compétence linguistique de l’Afrique de l’Est de l’époque est l’anglais. L’anglais a été vu comme une opportunité et un chemin pour atteindre un nouveau marché intégré de l’Afrique de l’Est, mais cherchant aussi une nouvelle alliance économique. On était dans un contexte où tout le monde était figé sur la lourde relation entre le Rwanda et la France. C’est ça qu’on a essayé d’exploiter en disant que notre choix de virer à l’anglais était de dire au revoir au français. C’était plutôt un choix d’une nouvelle alliance économique à laquelle on voulait adhérer pour redémarrer l’économie et sans la langue, on était handicapé. C’était beaucoup moins cher pour nous d’apprendre l’anglais (intégration du système scolaire, du système économique) que de se maintenir dans une organisation où on n’avait pas beaucoup d’accès en raison de relations difficiles.

Herve KOUAMOUO (Correspondance particulière)

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