Les organisatrices de la 7è édition du Salon Afrique Unie (S.A.U), Sous le marrainage de la Première Dame de la République du Sénégal, Son Excellence Mme Marie Khone Faye, les 15 et 16 octobre 2026, à Dakar, la capitale du Sénégal, sous le thème : « Education-Formation- Emploi : relever les défis de la jeunesse africaine pour bâtir l’avenir. « Former aujourd’hui, briller demain » », elles ont bien voulu se poser quelques instants, pour nous parler des enjeux de cette 7ème édition du S.A.U le programme et les attentes du côté des organisateurs, le bilan des six premières années de ce rendez-vous devenu incontournable du calendrier des évènements concernant l’Afrique, les Afro-descendants et les diasporas, sans oublier les perspectives. Très intéressant !
« Au fil des années, le Salon Afrique Unie (S.A.U.) a permis de créer de fortes synergies entre l’Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas »
Mme Urmine Gounongbé et Mme Rokhaya Diatta, merci d’avoir accepté́ de répondre à nos questions. Vous êtes les organisatrices de la 7è édition de l’évènement les 15 et 16 octobre 2026, à Dakar, au Sénégal. Pourquoi le choix de Dakar, une autre capitale d’Afrique de l’Ouest, après Cotonou, lors de l’édition précédente ?
Urmine Gounongbé Medenou :
Le choix de Dakar s’inscrit dans la continuité naturelle de la vocation panafricaine du Salon Afrique Unie S.A.U. Dakar s’est imposée comme une évidence stratégique. Après Cotonou, qui a accueilli la précédente édition avec une belle dynamique, nous souhaitions poursuivre cet ancrage sur le continent en portant cette 7e édition dans une autre capitale stratégique d’Afrique de l’Ouest.
Dakar est une ville d’histoire, de dialogue, de culture, mais aussi une capitale tournée vers l’avenir. Elle occupe une place importante sur les plans diplomatique, universitaire, économique et entrepreneurial. Pour une édition placée sous le thème de l’éducation, de la formation et de l’emploi, le Sénégal offre un cadre particulièrement pertinent. Nous voulions organiser cette édition dans un pays capable de rassembler des jeunes, des entreprises, des institutions, des acteurs de la formation, des investisseurs et des diasporas autour d’un même objectif : transformer le potentiel de la jeunesse africaine en opportunités concrètes.
Le choix de Dakar traduit aussi notre volonté de faire du Salon Afrique Unie S.A.U, une plateforme itinérante, ouverte aux différents territoires africains. Le Salon Afrique Unie S.A.U n’a pas vocation à rester attaché à une seule ville ou à un seul pays. Il doit circuler, créer des ponts, révéler des talents, encourager les coopérations et contribuer à faire émerger des solutions adaptées aux réalités de chaque région. En venant à Dakar les 15 et 16 octobre 2026, nous voulons envoyer un message clair : l’Afrique doit être au cœur des discussions qui concernent son avenir. Et surtout, elle doit être au cœur des solutions.
Rokhaya Diatta :

Le choix de Dakar a été mûrement réfléchi. Avec Urmine, nous n’avons pas hésité à installer le Salon Afrique Unie S.A.U au Sénégal. Dakar représente pour nous un véritable carrefour pour l’Afrique : une ville cosmopolite, ouverte sur le continent et sur le monde, et c’est aussi une grande fierté pour nous d’y organiser cette 7e édition. Le Sénégal connaît aujourd’hui une dynamique économique importante, avec des ambitions fortes en matière de développement et de transformation du pays.
Cette dynamique s’accompagne d’investissements majeurs dans les infrastructures et la mobilité, notamment avec le TER, le BRT et la modernisation du réseau de transport. Le pays connaît également un développement dans de nombreux secteurs d’activité, ce qui crée de nouvelles perspectives et de nouvelles opportunités, notamment pour la jeunesse et les entrepreneurs.
Pour nous, Dakar était donc un choix naturel : c’est une ville qui incarne à la fois le dynamisme, l’ouverture et les opportunités que nous souhaitons mettre en avant à travers le Salon Afrique Unie S.A.U. Dakar est ainsi une nouvelle étape dans notre volonté de faire du Salon Afrique Unie un rendez-vous qui rassemble, qui crée des passerelles et qui contribue, à son échelle, à une Afrique plus connectée et plus unie.
Cette édition a pour thématique générique « Education-Formation-Emploi : relever les défis de la jeunesse africaine pour bâtir l’avenir. « Former aujourd’hui, briller
demain » ». On sait que les IVè Jeux Olympiques de la Jeunesse se dérouleront à Dakar, du 31 octobre au 13 novembre 2026. C’est la toute première fois qu’un tel évènement a lieu en Afrique. Jusqu’à point cet agenda a-t-il pu influencer celui de la S.A.U ?
Urmine Gounongbé Medenou :
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 constituent évidemment un symbole très fort. Le fait que l’Afrique accueille pour la première fois un événement olympique de cette nature, quelques jours après le Salon Afrique Unie S.A.U, donne à cette période une portée particulière pour le Sénégal et pour tout le continent. Pour être claire, l’agenda du Salon Afrique Unie S.A.U n’a pas été construit uniquement en fonction des Jeux Olympiques de la Jeunesse. Le choix de Dakar répond d’abord à notre volonté de poursuivre l’ancrage africain du Salon après Cotonou, dans une capitale africaine reconnue pour son rayonnement, son ouverture et son dynamisme. Mais il est évident que ce contexte a renforcé la pertinence du choix de Dakar en 2026.
Les Jeux Olympiques de la Jeunesse vont placer la jeunesse africaine au centre de l’attention internationale. Le Salon Afrique Unie S.A.U, de son côté, souhaite mettre cette jeunesse au centre des réponses économiques, éducatives et professionnelles. Il y a donc une cohérence naturelle entre ces deux dynamiques. Le sport, l’éducation, la formation, l’emploi, l’entrepreneuriat et la confiance en soi sont liés. Une jeunesse qui se forme, qui se dépasse, qui innove et qui croit en son avenir est une jeunesse qui peut porter le développement du continent. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse montreront l’énergie, le talent et l’excellence de la jeunesse africaine sur le plan sportif. Le Salon Afrique Unie S.A.U veut, lui, contribuer à révéler cette même énergie dans les domaines de la formation, de l’emploi, du numérique, de l’entrepreneuriat, de la santé, de l’autonomisation économique des femmes et de l’innovation.
Nous voyons donc cette proximité de calendrier comme une opportunité symbolique et stratégique. Dakar sera, en octobre 2026, l’un des grands carrefours de la jeunesse africaine. Et notre ambition
est que le Salon Afrique Unie S.A.U participe pleinement à cette dynamique, en rappelant que la jeunesse africaine est la force vive et l’avenir du continent
Rokhaya Diatta :
Oui, cet agenda a forcément nourri notre réflexion, mais il n’a pas déterminé à lui seul le choix de notre thématique. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar, qui se tiendront du 31 octobre au 13 novembre 2026, constituent un événement historique puisqu’il s’agit de la première édition des JOJ organisée sur le continent africain. Le fait que le Salon Afrique Unie S.A.U se déroule quelques semaines auparavant, les 15 et 16 octobre, nous a confortées dans l’idée de placer la jeunesse au cœur de cette 7e édition. Mais nous avons souhaité aller au-delà de la seule dimension sportive.
Notre conviction est que former la jeunesse, l’accompagner vers l’emploi et lui permettre de révéler ses talents est tout aussi essentiel que de lui donner l’occasion de briller sur un terrain sportif. Les JOJ vont mettre en lumière une jeunesse africaine active physiquement et soucieuse de sa santé et de son bien-être. Cette dynamique permet aussi de réfléchir aux opportunités professionnelles et entrepreneuriales liées au sport : pour les jeunes qui souhaitent devenir coachs, se former dans ce domaine ou créer leur propre activité dans le coaching et le conseil, par exemple.
C’est aussi l’occasion de rappeler que le sport doit être accessible à tous, notamment aux personnes en situation de handicap, avec les aménagements nécessaires, afin que chacun puisse avoir sa chance, indépendamment de sa situation physique ou de son statut social. Les deux événements se complètent donc naturellement : les JOJ célèbrent une jeunesse qui se dépasse par le sport, tandis que le Salon Afrique Unie S.A.U souhaite contribuer à lui donner les moyens de se dépasser aussi par la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat. Car au fond, le sport nous rappelle une chose essentielle : il rassemble, permet à chacun de trouver sa place et de briller à sa manière.
Le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), paru début août 2026, tire la sonnette d’alarme sur le chômage des jeunes de 15-24 ans, qui progressent partout le monde, particulièrement en Afrique du Nord 22, 2% et 22,6% dans les Etats Arabes. Au Sénégal, des milliers de jeunes passent le bac chaque année et environ 300. 000 diplômés arrivent sur le marché du travail. Comment faire à ce que le diplôme soit une garantie pour l’emploi ?
Urmine Gounongbé Medenou :
C’est une question essentielle, parce qu’elle touche au cœur même de notre thématique. Pendant longtemps, le diplôme a été perçu comme une promesse presque automatique d’ascension sociale et d’accès à l’emploi. Aujourd’hui, il faut avoir le courage de le dire : le diplôme reste important, mais il ne suffit plus à lui seul. Pour que le diplôme redevienne une véritable passerelle vers l’emploi, il faut mieux connecter l’école, l’université, la formation professionnelle et l’entreprise. Les jeunes ne doivent pas seulement sortir du système éducatif avec des connaissances théoriques ; ils doivent aussi en sortir avec des compétences pratiques, une compréhension du monde professionnel, une capacité d’adaptation et une expérience, même courte, du terrain.
Cela suppose de renforcer les stages, l’alternance, les formations qualifiantes, les ateliers métiers, les incubateurs, les programmes de mentorat et les partenariats directs entre établissements de formation et entreprises. Il faut également mieux orienter les jeunes vers les secteurs qui recrutent
ou qui vont recruter demain, vers les métiers de demain et surtout les métiers dont notre continent a besoin pour son développement : le numérique, l’intelligence artificielle, la data, la cybersécurité, l’agroalimentaire, la santé, les énergies, la formation, les services, les industries culturelles et créatives, mais aussi les métiers techniques, trop souvent sous-valorisés. Au Sénégal comme ailleurs en Afrique, des milliers de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail. Si les économies ne créent pas suffisamment d’emplois structurés, il faut aussi accompagner davantage l’entrepreneuriat. Mais attention : on ne peut pas demander aux jeunes d’entreprendre par défaut, simplement parce qu’ils n’ont pas trouvé d’emploi. Entreprendre doit être un choix accompagné, financé, formé et sécurisé.
C’est précisément le rôle que le Salon Afrique Unie S.A.U veut jouer : créer un espace où les jeunes rencontrent les recruteurs, les entreprises, les institutions, les centres de formation, les entrepreneurs et les acteurs de la diaspora. À travers les ateliers CV, les simulations d’entretien, les masterclass, le job dating et les rencontres B2B, nous voulons aider les jeunes à transformer leur diplôme en projet professionnel, en opportunité, en réseau et en perspective concrète.
De mon point de vue, la vraie question n’est donc pas seulement « Comment garantir un emploi avec un diplôme ? » mais plutôt « Comment faire du diplôme le point de départ d’un parcours construit, accompagné et connecté aux réalités économiques ? ». Le diplôme doit rester une fierté́. Mais il doit devenir aussi un outil opérationnel qui conduit à l’emploi. C’est à cette condition qu’il pourra redevenir une garantie d’avenir pour la jeunesse africaine.
Rokhaya Diatta :
Je pense qu’il faut d’abord être réaliste un diplôme ne peut pas garantir à lui seul un emploi immédiat. L’accès à l’emploi dépend également des besoins des entreprises, des compétences, des qualifications et de l’expérience professionnelle. L’un des enjeux majeurs est donc de rapprocher davantage la formation du monde du travail. Le système d’alternance, par exemple, permet de faire le lien entre le monde universitaire et le monde professionnel. Il donne aux jeunes la possibilité de découvrir concrètement le fonctionnement d’une entreprise, de développer leurs compétences, de s’adapter aux exigences du marché et surtout d’acquérir une première expérience. Il faut également rendre les formations plus accessibles.
Le coût peut constituer un véritable frein et il est important que chacun puisse bénéficier d’un accompagnement et, lorsque cela est nécessaire, d’un soutien financier adapté à sa situation. Nous devons aussi anticiper les transformations du marché du travail, notamment avec l’émergence de l’intelligence artificielle. Certains secteurs vont évoluer et certains métiers pourraient être amenés à disparaître, tandis que de nouvelles opportunités vont apparaître. Il est donc essentiel de former les jeunes à différents secteurs et de s’appuyer à la fois sur leurs aptitudes et sur les besoins futurs du marché.
Enfin, la question de l’égalité d’accès à l’emploi doit être pleinement prise en compte, notamment pour les femmes qui rencontrent encore davantage de difficultés à intégrer le marché du travail. Face à l’évolution du chômage, nous devons agir sur plusieurs leviers : la création d’emplois, la formation, les droits au travail, la protection sociale et le dialogue social. C’est également le type de progrès que nous souhaitons encourager à travers les associations et les partenariats que nous développons, mais aussi à travers nos propres initiatives. Le véritable enjeu n’est donc pas de faire du diplôme une garantie automatique d’emploi, mais de faire en sorte que chaque jeune puisse
sortir de sa formation avec des compétences, de l’expérience et les moyens de saisir ou de créer une opportunité professionnelle.
Un mot sur le programme de cet acte 7 et le bilan des six premières éditions du S.A.U ?
Urmine Gounongbé Medenou :
Cette 7e édition du Salon Afrique Unie se veut à la fois ambitieuse, concrète et tournée vers l’action. Nous ne voulons pas seulement réunir des personnalités autour de grands discours. Nous voulons créer un espace utile, où les jeunes, les entreprises, les institutions, les formateurs, les entrepreneurs, les investisseurs et les diasporas puissent se rencontrer autour de solutions concrètes. Le programme sera articulé autour de plusieurs temps forts : des conférences, des panels stratégiques, des masterclass, des ateliers pratiques, des rencontres B2B, des sessions de job dating, des ateliers CV, des simulations d’entretien et des espaces de networking. L’objectif est de traiter les grands défis de la jeunesse africaine sous plusieurs angles : l’éducation, la formation, l’emploi, l’entrepreneuriat, le numérique, la souveraineté technologique, la santé, la santé mentale, ainsi que l’autonomisation économique des femmes. Nous voulons également mettre en avant les secteurs qui peuvent créer de la valeur et des emplois sur le continent : le numérique, l’intelligence artificielle, la santé, la formation professionnelle… mais aussi les métiers techniques, qui sont indispensables au développement économique.
Concernant le bilan des six premières éditions, je dirais qu’il est d’abord celui d’une construction progressive. Depuis sa création en 2009, le Salon Afrique Unie S.A.U a permis de faire dialoguer des acteurs du continent, des diasporas, des entrepreneurs, des institutions, des associations, des créateurs et des talents africains autour d’une même conviction : l’Afrique possède des ressources humaines, économiques, culturelles et intellectuelles considérables, mais elles doivent être mieux visibles, mieux connectées et mieux valorisées. Les premières éditions ont permis de poser les bases : créer une communauté, faire émerger des rencontres, donner de la visibilité à des initiatives, valoriser les réussites africaines et afrodescendantes, et construire des ponts entre différents territoires. La précédente édition à Cotonou a été importante, car elle a confirmé notre volonté d’ancrer davantage le Salon Afrique Unie S.A.U sur le continent.
Aujourd’hui, avec Dakar 2026, nous entrons dans une nouvelle étape. Le Salon Afrique Unie S.A.U doit aller plus loin : passer d’une plateforme de valorisation à une plateforme d’impact. Notre ambition est que cette édition produise des résultats mesurables : des contacts utiles, des partenariats, des stages, des opportunités d’emploi, des collaborations entrepreneuriales, des engagements institutionnels et une meilleure orientation des jeunes vers les métiers d’avenir. Le bilan des six premières éditions nous donne une responsabilité : capitaliser sur ce qui a été construit et faire de cette 7e édition un véritable accélérateur pour la jeunesse africaine.
Rokhaya Diatta :
Le bilan des six premières éditions est pour nous très encourageant. Au fil des années, le Salon Afrique Unie S.A.U a permis de créer de fortes synergies entre l’Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas, à travers des conférences, des masterclasses, des expositions et un Pôle Business dédié à la mise en relation entre investisseurs et porteurs de projets. Ces différentes rencontres nous ont permis de tisser un réseau solide à travers le continent et de favoriser de nombreuses collaborations.
Pour cet acte 7, nous souhaitons poursuivre cette dynamique tout en mettant particulièrement l’accent sur l’éducation, la formation et l’emploi. Le programme abordera notamment l’entrepreneuriat durable, le développement du secteur privé, l’intelligence artificielle, la santé…
Nous souhaitons également donner une place importante aux rencontres professionnelles, aux échanges avec les entreprises et aux opportunités concrètes pour les jeunes, afin que le Salon ne soit pas uniquement un espace de réflexion, mais aussi un véritable espace de rencontres, de transmission et d’opportunités.
Après six éditions, notre ambition pour cet acte 7 est donc de continuer à créer des ponts, mais surtout de transformer ces rencontres en collaborations et en opportunités concrètes.
Mené par Jean-Célestin Edjangué à Paris

