Ambassadeur des 72 heures du livre de Conakry, consultant international, CEO de Stratégie consulting et coaching, il a bien voulu partager ses impressions sur cette grande fête de la littérature et de la culture.

Vous êtes ambassadeur des 72 Heures du Livre. Quel regard portez-vous sur cet événement dont la caravane vient de se poser à Forécariah, après Conakry, pour 72 heures ?

Les 72 Heures du Livre ne sont pas simplement un événement culturel.

C’est aujourd’hui un espace stratégique de projection, un lieu où se rencontrent pensée, culture, économie et vision.

Depuis sa création, cet événement s’est imposé comme le plus grand rendez-vous culturel et médiatique de Guinée, réunissant des acteurs du livre, des institutions et des intellectuels venus d’Afrique et du monde.

Mais au-delà du livre, il s’agit aussi d’un outil de diplomatie culturelle et d’expression du soft power. Et, en tant que consultant international, conférencier, contribuant et participant à des rencontres ici et ailleurs sur le continent ; surtout CEO de Stratégie Consulting Coaching, intervenant sur des problématiques de transformation à l’échelle locale, nationale et internationale, je mesure à quel point cette dimension est aujourd’hui fondamentale dans la projection stratégique des nations.

Cette 18ème édition a pour thème « Jeunesse et numérique ». Que vous inspire-t-il ?

C’est un thème extrêmement pertinent, presque stratégique. Aujourd’hui, la jeunesse africaine est à la fois : la plus connectée de l’histoire, mais aussi parfois la moins structurée face aux enjeux numériques. Le numérique représente une opportunité immense, une facilité d’accès aux savoirs, une prédisposition à l’innovation, et à l’entrepreneuriat. Toutefois, il comporte également des risques : la désinformation, la cybercriminalité et la dépendance. D’ailleurs, le programme intègre pleinement ces enjeux à travers des conférences sur la cybercriminalité et le cyber-harcèlement. La vraie question n’est donc pas : « le numérique est-il bon ou mauvais ? »

Mais plutôt : « Quel usage stratégique faisons-nous du numérique pour transformer nos sociétés ? »

Quel rôle peut jouer un événement comme les 72 Heures du Livre dans cette transformation et quel message pour la jeunesse ?

Un rôle clé. Parce que la transformation commence par la pensée. Le livre, la lecture, les débats, les conférences…ce sont les fondations invisibles des transformations visibles. Les 72 Heures du Livre peuvent devenir un hub d’idées stratégiques ; un carrefour entre culture et innovation ; un levier d’influence internationale. Outre, l’ambition de faire de Conakry la capitale africaine du livre, aujourd’hui reconnue comme ville créative de l’UNESCO, s’inscrit pleinement dans cette dynamique. C’est aussi l’occasion, pour moi, de saluer et de féliciter : le fondateur des 72 Heures du Livre, la Gouverneure de la ville de Conakry, le Ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, ainsi que l’ensemble des institutions et acteurs mobilisés dont les efforts convergent pour faire de la Guinée un véritable carrefour intellectuel, culturel et d’innovation. Dans cet élan patriotique, je ne peux m’empêcher de mentionner un nom Malick KEBÉ, directeur du FODAC. Par ailleurs, nous portons également la possibilité de contribuer à l’obtention du label « Cité des Métiers » pour la Guinée.

Mon message à la jeunesse africaine : Ne subissez pas le monde. Comprenez-le. Transformez-le. Le numérique n’est pas une fin. C’est un outil ; mais ce qui fera la différence ce sera votre discipline, votre vision, votre capacité à apprendre. Et surtout : votre capacité à penser par vous-même.

Recueilli par J.-C. Edjangué à Conakry

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