La microfinance connaît un succès grandissant dans les deux régions, avec de belles perspectives de développement dans les années à venir. La deuxième édition du salon des Produits et services inspirés de l’Afrique et de l’outre-mer(PSAO), les 1er et 2 juillet 2022, à Douala au Cameroun, les analysera.

C’est l’attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou à des artisans qui ne peuvent pas accéder aux prêts bancaires classiques. Le microcrédit se développe surtout dans les pays en développement,  où il permet de concrétiser des microprojets favorisant l’activité et la création de richesses, mais également dans les pays développés ou en transition qui pratiquent des facilités d’accès aux prêts bancaires ordinaires. Le microcrédit s’inscrit dans une sphère plus complète qui comprend d’autres outils financiers, tels que l’épargne, la micro-assurance et d’autres produits qui forment la microfinance. Le 13 octobre 2006, la mise en place et le développement à grande échelle de ce système ont été récompensés par le prix Nobel de la paix attribué conjointement au Bangladais Muhammad Yunus  et à la Grameen Bank, banque qu’il a créée à cet effet. L’ampleur du phénomène est tel que les Nations unies ont décrété 2005 l’ « Année internationale du microcrédit ».

Promouvoir la microfinance

« L’avenir de l’Afrique réside en partie dans sa capacité à rendre son secteur économique et financier plus inclusif. La microfinance contribue aujourd’hui de manière directe au développement du secteur financier intermédiaire africain, lui-même corrélé positivement à la croissance économique » (Beck et al., 2000). Dans un article publié sur le site aef.asso.fr, de l’Association Europe finances régulations, Jacques Atali, président de PlaNet Finance, montre l’importance grandissante de la microfinance dans la vie quotidienne des africains: « En 2005, les institutions de microfinance (IMF) africaines faisant partie de l’échantillon de l’enquête du Mix Market déclaraient 4,5 millions d’emprunteurs actifs pour un portefeuille de crédits de 1,3 Md$ et 5,7 millions d’épargnants pour un encours d’épargne de 1,2 Md$. En 2012, selon la même enquête du Mix Market, le nombre d’emprunteurs avait quasiment doublé (7,3 millions d’emprunteurs actifs), le portefeuille de crédits quintuplé (6,3 Md$) et le nombre d’épargnants quadruplé (21,6 millions d’épargnants et un volume d’épargne de 5,2 Md$) ». Même si l’analyse met un bémol à cette réalité, précisant que « la croissance du secteur en Afrique est plus lente que dans d’autres régions du monde et le taux de bancarisation reste encore l’un des plus bas au monde (24 % en Afrique subsaharienne) après celui de la zone MENA (Demirgüç-Kunt et Klapper, 2012) ». Jacques Atali souligne donc « les évolutions du secteur de la microfinance en Afrique, un continent avec une énorme potentialité de croissance et d’innovation », et l’analyste en profite pour « présenter les initiatives qui contribuent aujourd’hui à rendre les systèmes financiers africains inclusifs et de dessiner ce que sera la microfinance de demain ».

Le microcrédit professionnel

En outre-mer, le microcrédit professionnel est en constant développement. Il est particulièrement bien adapté au tissu socioéconomique ultramarin marqué à la fois par la présence d’un grand nombre de microentreprises, mais aussi par une proportion importante de personnes en situation d’exclusion. En favorisant l’officialisation de l’emploi informel1 , l’accès aux financements bancaires classiques ainsi que l’accompagnement à la création d’entreprises, le microcrédit professionnel constitue un véritable outil d’inclusion socioéconomique. Les mesures en faveur du développement du microcrédit annoncées par le gouvernement à l’occasion du trentenaire de l’Adie devraient permettre de renforcer cette tendance. Une étude publiée en mars 2019 montre que si des disparités structurelles d’une géographie à l’autre sont observées, plusieurs spécificités viennent néanmoins caractériser le marché du microcrédit ultramarin : « le montant moyen des prêts accordés est supérieur à la moyenne nationale. Les secteurs les plus financés sont le commerce et les services dans les DOM et le secteur agricole dans les COM du Pacifique ; la population des 25-39 ans représente la majorité des bénéficiaires de microcrédits. Comme au niveau de l’hexagone, les jeunes de moins de 25 ans sont peu présents dans les nouveaux porteurs de projets ; les porteurs de projets sont principalement des femmes contrairement à ce qui est observé dans l’hexagone où les hommes sont majoritairement concernés ».

Le 2è Salon des Produits et services inspirés de l’Afrique et de l’outre-mer(PSAO), les 1er et 2 juillet 2022, à Douala au Cameroun, en fera largement écho.

Par Jean-Célestin Edjangué

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