Pharmacien de profession, promoteur de la pharmacie du bourg de Banguè, à Bonamoussadi, commune de Douala Vème, cet artiste plasticien et écrivain, auteur notamment de « Vision et grandeur du peuple Bamoun », est aussi créateur du courant artistique « Le Tembaka », qui fait de l’artiste un trait d’union entre l’art et l’histoire. Dans cet entretien exclusif, il parle de son actualité, sa passion pour la culture et l’histoire, sans oublier ses projets à venir. Passionnant !

Sampef, merci pour votre disponibilité. Votre actualité débordante bouscule le calendrier des évènements culturels, notamment au Cameroun. A commencer par cette journée de collecte de fonds, le 12 juin 2026, dans les jardins de l’hôtel à Yaoundé. De quoi s’agit-il ?

Merci Jean-Célestin pour ce moment de retrouvailles à Bonamoussadi, commune où est implantée la pharmacie du bourg de Banguè, mon officine de travail. Effectivement, le 12 juin 2026, à l’hôtel Hilton de Yaoundé, aura lieu la traditionnelle vente de fundraising, une journée de collecte de fonds organisée par l’ordre de Malte, au profit des enfants malades. J’y participerai avec la mise à disposition d’un de mes tableaux, dont la vente, comme l’ensemble des produits de cette opération, contribuera à venir en aide aux enfants handicapés.

C’est une œuvre qui a une histoire et une symbolique particulière, concernant le courant artistique que vous avez lancé, il y a quelques années maintenant, le Tembaka. Exact ?

Tout à fait. Cette œuvre, je l’ai créée en 2021 à Cayenne, en Guyane, où les gens m’appellent affectueusement le peintre de Cayenne. Elle a pour nom de baptême « Mutngu Kine Ntu », qui veut dire en Bamoun, « Le Justicier Noble ». C’est le porte-parole du ministère de la justice. C’est une représentation imagée en trois dimensions du justicier, avec une croix au milieu du front, celle de justice et de paix. Cette croix rappelle qu’il ne saurait y avoir de justice sans la paix.

Ce tableau est d’une actualité incontestable. Le Pape Léon XIV, lors de sa visite, en avril 2026, au Cameroun, a mis la thématique de Justice et paix au cœur de son voyage sur le triangle national. On peut parler de coïncidence spirituelle ? Par ailleurs, pouvez-vous nous dire un mot sur votre actualité à moyen et long terme ?

Absolument, j’ai été très surpris, quand j’ai suivi la messe du pape à la basilique St-Joseph de Bamenda. Dans son homélie, le Pape Léon XIV a invité les fidèles et tous les Camerounais, à promouvoir la justice source de paix, dans le pays, mais également la réconciliation nationale, aujourd’hui et maintenant. Et sur le tableau qui sera mis en vente à l’hôtel Hilton, à Yaoundé, le 12 juin prochain, non seulement il y a la croix de justice et de paix mais aussi un symbole en plein cœur de cette œuvre, l’unité, la réconciliation. C’est donc une œuvre intemporelle. Quant à mon actualité à moyen et long terme, c’est d’abord, pendant les grandes avances 2026, une exposition à Mouila au Gabon, où je suis invité par l’Institut Yanga Nzinga, puis une autre exposition à Dakar au musée de Résistance africaine. Enfin, sur le plan intellectuel et littéraire, j’envisage promouvoir le mode de pensée du Tembaka.

Recueilli par J.-C. Edjangué à Douala

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