Elève en 12 è année sciences mathématiques, à Conakry, la capitale de la Guinée, cet enfant de 15 a publié son premier roman*, en 2024, aux éditions Innov, et se prépare à faire paraître le prochain chez l’Harmattan Guinée. Rencontre avec une autrice, Ambassadrice de la 18è édition des 72 heures du livre de Conakry et Ambassadrice de Conakry ville créative, label décerné par l’Unesco, en octobre 2025, à l’une des cités les plus bouillonnantes, sur le plan culturel, dans la sous-région ouest-africaine.
Vous êtes effectivement l’auteure de « L’encre du destin », un premier roman publié chez Innov éditions, à Conakry, en 2024. Comment vous est venue l’idée d’écrire cet ouvrage ?
Je m’appelle Adama Kadé Touré, Guinéo-malienne de 15 ans, lycéenne en douzième année sciences mathématiques, Ambassadrice de Conakry Ville créative de l’Unesco, en matière de littérature et écrivaine. L’Encre du Destin est un roman qui explore le pouvoir de l’éducation à travers l’histoire d’une jeune fille nommée Néné. Elle découvre dans l’écriture un refuge, mais aussi une arme contre les pressions sociales qu’on lui impose. Coincée dans un foyer étouffant, dans une culture qui bride les filles, Néné écrit en secret dans un vieux cahier trouvé par hasard. Chaque nuit, elle couche ses pensées sur le papier, de peur d’être surprise par son père, un homme dur qui surveille ses filles comme on surveille des braises dangereuses. À travers elle, je montre que l’éducation et l’écriture peuvent libérer. Ce qui m’a motivé à écrire « L’encre du destin », c’est le message que je voulais partager à savoir : peu importe l’âge, on peut poursuivre et réaliser ses rêves à tout moment.
Quand on lit votre ouvrage, on s’aperçoit effectivement qu’il véhicule plusieurs messages, qui transcendent la seule communauté des jeunes. Pourquoi ?
Je voulais être la voix des sans-voix, surtout des jeunes filles. Ensuite, il y a ma passion pour l’écriture. Je lisais beaucoup et je voulais faire comme les écrivains que j’admirais. C’est ainsi qu’est née l’histoire de Néné.
Il se dit que vous êtes déjà sur un autre projet d’écriture. C’est vrai ?
J’ai effectivement un deuxième livre déjà chez l’éditeur. J’espère qu’il va paraître bientôt. Son titre « Afrique, ta jeunesse t’écris », qui est un concept de co-écriture où j’ai voulu mettre la jeunesse africaine au centre de tout, parce qu’elle est l’avenir non seulement d’un continent, mais de toute l’humanité. Je souhaite créer un club littéraire pour les jeunes en Guinée et même ailleurs en Afrique. Je veux organiser des compétitions, des projets littéraires et faire de la lecture et de l’écriture un véritable loisir pour la jeunesse. Mon deuxième roman paraîtra chez l’Harmattan Guinée, avec M. Sansy Kaba Diakité, promoteur de cette maison d’édition.
Mené à Forécariah par J.-C. Edjangué
* L’Encre du Destin, Adama Kadé Touré, 100.000 GNF, Innov édition.

