Enseignant des universités, critique littéraire et auteur, il analyse la 18è édition des 72 heures du livre et le bouillonnement culturel de la capitale de la capitale de la Guinée.

 « Cette 18ème édition est très aboutie car la thématique portant sur le numérique a énormément intéressé les jeunes et les moins jeunes du reste ». C’est ainsi que répond le professeur Benaouda Lebdai, lorsque je lui demande son sentiment sur l’évènement qu’il vient de vivre, comparativement aux éditions précédentes auxquelles il a participé. Il ajoute : « Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la fluidité du programme dans un lieu exceptionnel, celui du Lac Gbassikolo, où le public pouvait se mouvoir d’un lieu à l’autre, de la salle du stand des expositions et des ventes avec les éditeurs présents, aux deux salles de conférences, avec rapidité. L’institut Franco-Guinéen fut bien rentabilisé en termes de spectacles et de débats où le public était nombreux aussi. Les déplacements des invités internationaux entre les hôtels et les lieux des activités furent très bien pris en charge cette année avec les nombreuses petites voitures selon les horaires des uns et des autres. L’accueil par la ville mise à l’honneur cette année 2026, Forécariah, fut exceptionnel culturellement et humainement ».  L’engouement des jeunes pour le numérique aussi.

« Jeunesse et numérique »

« Ce qui m’a impressionné quant au thème ‘Jeunesse et numérique’, c’est précisément la présence des jeunes guinéens lors des multiples débats sur ce sujet. Les multiples questions posées ont signalé, de mon point de vue, une soif d’apprendre et de comprendre, sur le plan théorique, le fonctionnement de cette révolution numérique que nous vivons tous aujourd’hui », note encore l’enseignant, insistant :« Je soulignerai la familiarité des jeunes guinéennes et guinéens avec le numérique et le digital, et leur facilité à utiliser ces nouveaux outils pour la création et la connaissance ! Pa exemple, j’ai été impressionné par les deux jeunes qui ont remporté le premier prix du numérique en utilisant l’IA pour écrire une fiction. A partir de l’histoire construite par l’IA, à partir d’un thème qu’ils ont choisi, ils ont introduit dans le texte proposé par l’IA leur propre vécu, leurs expériences, leurs émotions pour aboutir à un texte humain. Il y a eu de leur part une maitrise de l’outil IA, qu’ils ont maitrisé pour accomplir leur propre création fictionnelle. J’ai adoré l’histoire racontée ».

« Ville créative de l’Unesco »

« Conakry ville créative, pour moi, n’est plus un vœu ou un souhait, mais une réalité avec les 72heures du Livre initié par Sansy Kaba Diakité. Le dynamisme culturel est bien présent à tous les niveaux, qui s’exprime par la musique traditionnelle et moderne, le théâtre, la danse, l’écriture fictionnelle, les arts et la maitrise de tous les outils numériques qui valorisent l’ensemble de ces activités », indique le professeur Benaouda Lebdai. Et de conclure : « La ville de Conakry devient une ville lumière, une ville qui vibre, qui vit et qui doit donner à tous les habitants de la capitale guinéenne la fierté d’être de Conakry où le livre est roi. La ville doit être en fête et les activités culturelles, avec la lecture de textes, doivent être présentes dans le centre-ville pour le bonheur de toutes et tous. Conakry représente incontestablement le livre ! ».

Par J.-C. É.

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