Directeur de la maison d’édition l’Harmattan Guinée, promoteur des 72 heures du livre de Conakry, dont la 18ème édition aura lieu les 23, 24, 25 avril 2026, dans la capitale de la Guinée, il est aussi l’initiateur du projet qui a conduit à l’obtention du label Conakry « Villes créatives » de l’Unesco, catégorie littérature, en octobre 2025, après avoir porté celui de « Conakry capitale mondiale du livre » en 2017. Grâce à la mobilisation des femmes, l’ingéniosité de la jeunesse, l’investissement des acteurs privés et l’accompagnement des pouvoirs publics. Lisez plutôt...

Cher Sansy, merci pour votre disponibilité. Comment avez-vous réagi à l’annonce officielle en octobre 2025 par la Directrice générale de l’époque, Mme Audrey Azoulay, de l’admission de Conakry dans le cercle des « Villes créatives » de l’UNESCO ?

Merci cher Jean-Célestin pour l’intérêt porté sur la Guinée, notamment sur son bouillonnement culturel. Eh bien, nous étions très heureux à l’annonce de l’obtention par Conakry, du label « Villes créatives ». On dit tout le temps, dès qu’on parle de projets culturels d’envergure à Conakry, de Sansy. On n’oublie que c’est toute une équipe qui porte ces projets. Il y a des éditeurs, des écrivains, des bibliothécaires, des libraires, des clubs de lecture… On a mis en place depuis une vingtaine d’années toute une structure pour pouvoir défendre notre vision. Lorsqu’on parle de cinéma, en Afrique de l’Ouest, tout le monde pense à Ouagadougou, tous les deux ans il y a la biennale du cinéma. Quand on pense photographie, immédiatement, on a en tête Bamako, là aussi il y a une biennale de la photographie. Pour tous ceux qui aiment les arts contemporains, c’est Dakar, avec la biennale de Dakar. Quant aux arts de spectacles, c’est la ville d’Abidjan qui s’en est accaparée avec le marché des arts de spectacles. Nous nous sommes dits qu’il faut quelque chose pour Conakry. C’est quand même la capitale du pays de Camara Laye, de William Sassine, de Keita Fodéba, Jibril Tamsir Niane, le pays d’Alliou Fantouré, celui des femmes comme Sirah Baldé de Labé, Kesso Barry, Nantenin Camara, Baldé Mariana, et bien d’autres…Nous avons donc choisi le livre. Et à l’Unesco, il y a plusieurs catégories quand on postule au label « Villes créatives » ; c’est la littérature qui nous intéressait clairement. A partir du 23 avril 2026, nous allons lancer la biennale africaine du livre à Conakry.

La 18è édition des 72 heures du livre, les 23, 24 et 25 avril 2026. Comment cet évènement, devenu une véritable institution culturelle, dans la sous-région Ouest-africaine peut contribuer à affirmer le label de Conakry « Ville créative » de l’Unesco ?

Les 72 heures du livre de Conakry ont lieu dans le cadre de la journée mondiale du livre, célébrée chaque 23 avril. La Guinée, compte tenu de toutes les difficultés que nous avons eues, les coups d’état, les rivalités politiques, le pays était fermé. La Guinée ne célébrait pas le livre. J’ai donc pensé que pour rattraper le retard accumulé dans ce domaine, nous fêterons le livre non pas pendant une journée de 24 heures, mais trois. Et comme tous les bons mathématiciens peuvent l’attester, 3X24=72. Le salon du livre de Conakry est aujourd’hui un évènement culturel incontournable. Et je pense, dans une vingtaine d’années, Conakry aura la même notoriété pour ce qui concerne le livre que les autres capitales africaines dont nous avons parlé plus haut dans leurs arts respectifs. Les 72 heures du livre seront au cœur de tout ce que nous ferons pour le programme « Villes créatives ». Cette année 2026, nous rendons hommage à la jeunesse et au numérique. Avec plus de 200 invités, des tables-rondes, des animations et ateliers. Le lancement a eu lieu vendredi 3 avril dernier, dans le magnifique cadre du lac Gbassikolo, sous la houlette de la présidente du Comité d’organisation, Diaka Camara, et de la Commissaire générale de cette 18ème édition, Aïssata Kaporo Souma.

Le Grand Prix littéraire du Président de la République de Guinée, dont la proclamation des résultats de la première édition aura lieu dans le cadre des 72 heures du livre, participe-t-il à la promotion de Conakry « Ville créative » ?

Bien sûr, le Grand Prix littéraire du Président de la République, au même titre que tout ce dont nous avons parlé tout au long de cet entretien, participe à la promotion du label Conakry « ville créative » de l’Unesco. Depuis quelques années, on n’arrête pas de dire qu’on célèbre les footballeurs, les artistes, mais pas les écrivains. Les écrivains méritaient un Grand Prix. C’est un Prix doté d’une enveloppe de 50.000 euros, c’est-à-dire 500 millions de francs guinéens, ce qui en fait le mieux doté des Grands Prix littéraires qui, généralement ont 5.000 euros ou 10.000 euros. Le ministre de la Culture de la Guinée s’est beaucoup investi pour que ce Grand Prix du Président de la République, soit exceptionnel. L’idée c’est que nous puissions organiser tous les deux ans un Grand Prix littéraire africain.

Mené par J.-C. Edjangué

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